Le contexte de travail influence-t-il la pratique du design graphique ?

Après un stage de deux mois au sein de l’agence Hapart, j’ai rejoint Maxime et Caroline pendant trois semaines afin de travailler sur Turrim, un jeu éducatif et évolutif destiné à accompagner les enfants dans leurs apprentissages. Ce projet a été créé par notre tutrice, qui était jusqu’à présent la seule personne à avoir travaillé dessus, en dehors de quelques prestataires externes.


Ces deux expériences, m’ont permis de comparer deux cadres de travail radicalement différents. Chacun possédait ses avantages mais aussi ses limites. Passer d’une agence de graphisme à un projet personnel géré par une seule personne m’a amenée à m’interroger sur l’influence du contexte professionnel sur ma manière de créer et de faire évoluer mon design graphique.
J’ai découvert l’organisation de deux structures qui poursuivaient des objectifs très différents. L’agence Hapart développait des projets de communication variés pour plusieurs clients, tandis que Turrim concentrait toute son activité sur un unique produit et la communication qui l’entourait.


En agence, j’alternais constamment entre plusieurs projets, chacun possédant son identité, ses contraintes et son public. Cette diversité m’a obligée à développer une capacité d’adaptation rapide. J’ai appris à comprendre les codes graphiques propres à différents secteurs et à les intégrer dans mon travail. Cette organisation m’a également permis d’accélérer mon processus créatif : il fallait être réactive, faire des choix rapidement et savoir passer d’un univers graphique à un autre.
À l’inverse, je pensais qu’en me consacrant uniquement à Turrim, j’aurais davantage l’occasion d’approfondir ma compréhension du projet et de mieux maîtriser les codes autour du jeu ludique que je ne connaissais pas avant. Malheureusement, ça n’a pas été le cas.

Chez Turrim j’ai découvert une méthode de travail inédite pour moi, j’ai passé mon stage à faire des tâches de l’ordre de l’exécution avec une phase de recherche sur papier très désagréable.


Cette partie était désagréable non pas uniquement à cause de mon aversion pour le papier. Peu importe les concepts ou les pistes que je présentais, ma tutrice restait beaucoup sur son idée initiale. Contrairement à mon expérience chez Hapart, où les propositions donnaient lieu à des échanges et à des débats constructifs, je n’ai que très rarement eu l’occasion d’argumenter sur le design à adopter. J’ai progressivement eu le sentiment de n’être qu’une exécutante chargée de mettre en forme une vision déjà définie. Cette position était particulièrement frustrante après avoir connu un environnement où la réflexion et le dialogue occupaient une place un peu plus importante.
À cela se sont ajoutés de nombreux retards, imprévus et changements de planning. Même s’il s’agissait d’accidents, ils perturbaient l’organisation du travail et m’empêchait d’anticiper mes tâches et ma journée en général. Je me sentais moins concentrée, moins productive et j’avais du mal à m’investir dans les projets.
Cette expérience m’a permis de prendre conscience de l’importance d’une bonne équipe dans le processus de création. Les personnes avec lesquelles je travaille influencent directement ma motivation, ma capacité à avoir des idées et mon efficacité. J’avais déjà ressenti ça au sein du DNMADE, mais le fait d’être exécutante plutôt que de créative a fortement accentué cette impression.


J’ai pris conscience plusieurs conditions essentielles en tant que designer graphique pour bien travailler. J’ai besoin d’une véritable liberté de recherche afin d’explorer différentes pistes, mais également d’un espace de discussion où les propositions peuvent être argumentées, remises en question et enrichies collectivement. C’est dans cet échange que les décisions graphiques prennent réellement du sens et qu’un objet graphique peut passer de banal à marquant.

Ces deux stages m’ont également amenée à questionner les différentes étapes de conception. Chez Hapart, les recherches étaient courtes (voir inexistantes) et se faisaient directement sur ordinateur. À l’inverse, chez Turrim, les recherches sur papier occupaient une place très importante alors que l’ordinateur n’était utilisé que pour la production finale. Finalement, aucune de ces deux méthodes ne me semble totalement satisfaisante lorsqu’elle est appliquée de manière systématique. Ces méthodes peuvent intervenir pour gagner en temps sur des projets rapides mais ce n’est pas toujours le cas, un équilibre entre réflexion, expérimentation et réalisation est à trouver en fonction des contraintes d’un projet.


Avec le recul, sur plusieurs projets réalisés pendant ces stages, mon travail commençait directement par la production graphique. Pourtant, le rôle du designer débute pour moi avant cette étape : analyser un besoin, comprendre un contexte, explorer et construire une réflexion avant de produire des objets graphiques complets… 🫡

Les attentes – les indécisions – les inquiétudes

Pour ce stage, ma cheffe de département m’avait dit que je pourrai choisir concrètement ce que je ferai pendant tout le stage (en restant disponible s’il y avait besoin d’aide quelque part).
Et le ciel sait à quel point je suis indécise, donc cette proposition était pour moi un vrai cadeau, un immense privilège. C’est donc avec énormément d’enthousiasme que j’avais envoyé un mail à la coordinatrice décoration pour lui dire où je voulais aller et pendant environ combien de temps.

Je sais depuis un moment que je veux travailler dans le décor de cinéma, le spectacle, l’audiovisuel… Mais ça fait autant de temps que je ne sais pas exactement dans le décor. Il y a énormément de postes, autant qui m’intéressent et ont leurs bons et mauvais aspects.

Liste non exhaustive d’exemples :

  • Directeur artistique
  • Graphiste
  • Architecte
  • Illustrateur
  • Ensemblier
  • Regidex
  • Ripper
  • Accessoiriste regidex
  • Accessoiriste de plateau
  • Tapissier
  • Peintre
  • Menuisier

ET J’EN PASSE (en plus en comptant tous les assistants)

Mon problème, c’est que je voulais que ce stage me permette d’expérimenter un maximum ces métiers pour pouvoir mieux discerner mes envies de carrières. C’est dans l’année qui arrive que je dois chercher une suite à mes études (on croise les doigts pour que j’aie mon diplôme), sauf que certains de ces métiers sont trop différents pour que je puisse choisir à la fin de mes prochaines études lequel je veux faire. Il faut se spécifier MAINTENANT, mais je ne peux même pas prendre de décision encore. Aussi, certains métiers ne demandent AUCUNE qualification (assistant-ensemblier) à part un permis de conduire et un bon goût (et encore).

Ayant finalement passé presque tout mon stage au graphisme (ce qui était génial, je ne le nie pas), je n’ai absolument pas pu voir les autres départements. (ce qui n’est peut-être pas si grave parce que la nature de la série fait qu’on achète beaucoup d’objets et d’accessoires, il n’y a pas de besoin de les créer : alors que c’est justement ce que je PENSE vouloir faire.)

Pendant ce stage, j’ai réussi à quand même cibler un peu plus mes possibilités entre trois catégories qui n’ont pas grand-chose à voir mais satisfont chacune respectivement un aspect de ma personne.

Je dis toujours que je suis versatile, que j’aime utiliser n’importe quel médium et expérimenter toutes les formes d’expressions et d’art sur lesquelles je peux mettre la main et comment ça me rend plus forte dans ma pratique artistique. Comment chaque pratique peut faire écho à une autre et se renforcer entre elle. Mon coté touche à tout a toujours été pour moi une fierté, mais ici, alors que je dois faire des choix pour mon avenir, c’est plus une épine dans le pied qu’autre chose.

Un exemple clair par rapport à ça est que mes deux derniers jours de stage ont été en tapisserie qui avait besoin de main-d’œuvre, où j’ai fabriqué un canapé ENTIER. Le fait qu’on fabrique quelque chose de zéro et que je sois aux anges, en passant chez moi des jours entiers derrière une machine à coudre, m’ont presque fait me demander si je ne voulais pas être tapissière finalement.

un des canapé qu’on a fait (encore en construction)

MAIS QUEL IDÉE ????

Je pense qu’il y a une différence majeure (que je fais TRES mal) entre un hobby et une passion. Pour moi, on ne peut pas faire carrière sur un hobby mais seulement une passion. Oui j’adore coudre, mais si je devais ne faire QUE coudre 8h par jour, des canapés et des rideaux, 5 jours par semaine pendant un tournage entier, est-ce que justement je ne finirais pas par détester la couture ?
Je commence à me demander si tout mon amour artistique n’est qu’une collection de hobbies et que je ne pourrai jamais faire carrière en m’appuyant dessus sans finir misérable.
Je commence aussi à me demander si cela veut dire que je n’ai pas de passion ? Est-ce que la raison pour laquelle je n’arrive pas à faire de choix est parce que tous ces centres d’intérêts que j’ai ne représentent pas grand-chose et ne seront jamais assez suffisants pour que je ne sois pas misérable ?
Je me considère comme une personne passionnée et ces questionnements me terrifies.

Finalement, même si j’ai adoré ce stage (malgré la sortie de route par rapport au programme de base), il a répondu à quelques questions, et affiné un peu mon idée professionnelle, mais il a aussi et surtout soulevé encore plus de questions par rapport à l’essence même de mon travail et des motivations qui l’animent.

Dans le brouillard..

Dernière période de stage où je suis reparti chez Claire; c’était le retour des visios, des mis à jour réguliers par message, et des meet ups dans des espaces de coworking. C’était un quotidien dont je m’étais familiariser avec, mais je n’avais plus du tout le même état d’esprit.

Honnêtement j’avais envie que ces 3 dernières semaines se finissent vite.


Et puis je me suis remise en question sur ce que j’éprouvais : est ce que le design graphique est vraiment ce que j’apprécie le plus ? Est ce que je veux vraiment travailler pour les autres plus tard ?
Et je penses que la réelle question qui se cachait derrière tout ça, c’était :
Est ce que ça a toujours été ce que je voulais faire dans la vie ?

Bref, en gros j’étais dans un brouillard constant de doutes qui m’envahissait au fur et à mesure que les jours défilaient. (Comme dab finalement).
En tout cas, c’est une question qui me turlupine depuis longtemps dans ma pratique du design graphique.

Et puis un soir, j’avais décidé d’en parler à Claire :

j’avais bien préparé mon ptit mot quand même eheh

Elle a été très compréhensive et m’a laissé les jours de TT libre pour peindre. Elle a aussi essayé de me mettre en position de freelance en me donnant une planche de BD à faire. Un exercice que je connais bien; une consigne à détourner pour que ça me plaise aussi, tout en respectant ce que le client veut. Comme à l’école.

Ma peinture

Ça m’a fait aussi rendre compte qu’on ose souvent pas demander des choses dans le monde du travail. Peut être que c’est une façon utopique de pensée. Mais je préférai continuer à travailler dans la restauration, que de devoir collaborer avec quelqu’un qui ne respect pas mes choix, voir qui ne les entend pas. En l’occurrence, travailler avec Claire m’a fait rendre compte que je pouvais aussi avoir des standards dans le monde du travail, quitte à ne pas en trouver. Je crois en ce lien humains, à cet utopie.

« Une oeuvre d’art est bonne qui surgit de la nécessité. […] Car celui qui crée doit être son propre univers, et trouver tout ce qu’il cherche en lui et dans la nature à laquelle il s’est lié. » – Rainer Maria Rilke, lettres à un jeune poète.

Finalement, les stages m’ont fait plus apprendre sur moi même que sur le monde professionnel.

Et peut être qu’au final, je ne suis pas faite pour le design graphique ?

Comment créer quand tout est déjà défini ?

Alors accrochez-vous, parce que la semaine du 15 au 19 juin, je crois que je l’ai vécue en mode accéléré x2, comme quand on regarde une vidéo trop longue et qu’on n’a pas le temps.

LE résumé de mon temps chez ENGIE

Lundi matin, ambiance conférence : Doigby, Gaspard G et Nota Bene viennent nous expliquer comment gérer les réseaux sociaux et le travail de créateur de contenu. Moi, stylo en main, je note absolument tout comme si j’étais en train de préparer un examen surprise. Spoiler alert : ça a servi, et plutôt deux fois qu’une.

Doigby, Nota Bene et Gaspard G avec Marie-Irene, chargé de la communication groupe

À peine la conférence terminée, sprint façon métro-boulot-mais-en-vrai-sprint jusqu’à Montparnasse, train, et hop, me voilà à Montoir pour deux jours de tournage autour de l’arrivée d’une nouvelle directrice. Prises de vue, cadrages, lumière à ajuster toutes les cinq minutes parce que le soleil, lui, n’a clairement pas lu le planning. On enchaîne, on enchaîne, on enchaîne. Je crois que mon corps a commencé à fonctionner uniquement à la Holy énergie.

Et puis, sans transition (vraiment, aucune), Vivatech débarque. Trois jours de stand ENGIE en mode contenu-minute : il faut filmer, monter, publier, tout ça en même temps, pendant que défilent devant moi des gens que je ne pensais croiser qu’à la télé. Gabriel Attal, Macron, Bernard Arnault, Catherine MacGregor (…que des gens que j’avais envie d’attraper), puis je me suis rappelée que j’étais censée travailler. Ce qui m’a le plus marquée, ce n’est même pas les VIP (bon, un peu quand même), c’est le grand écart complètement fou entre deux mondes : d’un côté un site industriel où on filme du concret, de la matière, du réel qui se transforme sous nos yeux ; de l’autre un salon où absolument tout devient image, discours, mise en scène. Passer de « on montre comment ça marche » à « on montre comment on veut qu’on nous voie », ça fait un choc culturel. Le genre de choc qui te fait réviser toute ta vision de la communication en une seule après-midi.

VivaTech, c’était un très gros projet, puisqu’il fallait à la fois créer des templates pour 7 pays et réaliser des tournages vidéo comme celle-ci: https://lnkd.in/p/gjtAaBhd

Et puis, cerise sur le gâteau, ou plutôt coupe de champomy sur la péniche : mon tout premier afterwork professionnel. Une péniche aux Invalides, le Grand Palais et la Tour Eiffel en fond, façon carte postale so chic (yeah I’m bilingual now). Mais plus sérieusement, ce moment-là, ça m’a rappelé qu’il existe un vrai côté humain chez ENGIE, alors que le quotidien au campus donne parfois l’impression que chacun vit dans sa bulle personnelle, casque vissé sur les oreilles, Teams ouvert, silence radio complet.

Depuis, je suis plongée à fond dans le programme pilote ambassadeurs : une équipe d’ingénieurs sélectionnés pour apprendre à communiquer, à prendre la parole, à devenir un peu les porte-voix de l’entreprise sur les réseaux sociaux. Et c’est précisément là que mon plus gros questionnement se loge et que le titre de la note découle. On me demande de créer une identité visuelle complète : logo, background, template de mails, tout un univers graphique pour ce nouveau programme. Sauf que très vite, je me cogne contre un mur invisible mais bien solide sa maman: les codes déjà en place, la charte graphique, les habitudes de communication du groupe. Résultat, je me repose la même question que d’habitude, en version boss encore plus corsé : comment créer une identité neuve, un truc qui ressemble vraiment à quelque chose, quand la communication collective pose des barrières avant même que j’aie fini de dessiner le premier pixel ?

Quelques questions qui tournent en boucle dans ma tête, comme un vieux disque rayé :

  • Est-ce qu’on peut vraiment inventer une identité de programme quand chaque couleur, chaque police, chaque logo doit « respecter la charte » au millimètre près ?
  • Et moi, dans tout ça, je suis en train d’apprendre à créer, ou juste à cocher des cases avec un joli logo dessus ?

Ce que j’utilise, couleurs, typo, logo, c’est en fait une toute petite partie de ce qui fait qu’on reconnaît la marque. Tout le reste, est grand ouvert (je crois) : le rythme, la composition, le ton que j’adopte pour raconter, les images que je choisis, la façon dont je construis une histoire, l’humour que je m’autorise ou pas, ce que je décide de montrer et ce que je décide de taire. Et c’est précisément là, dans tout cet impensé, qu’est peut être la créativité. Ceci dit (et c’est la question qui me pique un peu plus) : cette marge de manœuvre qu’on me laisse, elle est réelle ou juste affichée ?

Bref, entre les trains, les tournages, les stands bondés, les VIP qui passent comme des célébrités de cinéma, la péniche digne d’une carte postale, et les logos qui doivent plaire à absolument tout le monde sans déplaire à personne (mission quasi impossible), je crois que je n’ai jamais autant appris en si peu de temps. Reste à savoir si j’apprends à créer, ou si j’apprends surtout à créer dans les clous, avec le sourire, et sans dépasser.

Le distanciel : avantage ou inconvénient ?

Mon stage est principalement en distanciel. Parfois je brunch avec ma tutrice, parfois on participe à des événements liés au design (mon carnet d’adresses se remplit petit à petit hihi ), et parfois on s’appelle tout simplement. Mais globalement, je suis en autonomie.

Avant de commencer mon stage, cette notion me faisait peur. Vais-je être correctement encadrée ? Vais-je vraiment comprendre les attendus ? Est-ce que je vais réussir à m’investir sans avoir quelqu’un qui me « surveille » ?

Je pensais, comme beaucoup, qu’un « vrai » stage c’était forcément un bureau, une équipe autour de soi tous les jours. Le distanciel, ça me semblait presque être une version bas de gamme de l’expérience.

Puis finalement, je suis agréablement surprise. Le mode autonome me correspond très bien. En vrai j’ai toujours eu du mal à m’imposer des choses, y compris des horaires. Ça m’a permis de mieux comprendre comment je fonctionne. J’aime être « libre » de mes horaires et pouvoir travailler comme je le veux. Je me suis rendu compte que je travaille mieux sur des sessions courtes mais intenses, plutôt que toute une journée sans vraiment être efficace. Avec le distanciel, je peux choisir dans la journée comment je m’organise. Et j’aime vraiment fonctionner comme ça, m’écouter, écouter ma stimulation, ma motivation, mon inspiration, même si bien sur, parfois il faut se faire un peu violence, mais au final les résultats de mon travail sont bien meilleurs, il est félicité à longueur de temps.

Ça m’amène à me poser des questions plus larges sur notre rapport au travail. Est-ce qu’on a vraiment besoin d’un cadre horaire hyper rigide pour être productifs ? Le présentiel obligatoire, c’est pas parfois plus une question de contrôle que d’efficacité réelle ? Je pense que la confiance qu’on accorde à quelqu’un, stagiaire ou pas, ça peut être un moteur plus fort que la surveillance.

L’avantage ici c’est que mon seul « ennemi » c’est moi-même, et ça me pousse à mieux produire. Mais il faut être objective, et pas non plus idéaliser le distanciel comme LA solution. Si ça fonctionne dans mon cas, c’est grâce au contexte de mon stage grâce à ma maître de stage. Elle me fait vraiment confiance, elle est très satisfaite de mon travail, et on s’entend très très bien. Ça rend le contact entre nous décontracté, et sa confiance vient du fait qu’elle a vu mon sérieux depuis le début.

Dans d’autres circonstances, avec un encadrement moins bienveillant ou une relation différente, j’aurais très bien pu subir cette autonomie plutôt que d’en profiter. Sans confiance mutuelle et sans communication régulière, le distanciel peut vite tourner à l’isolement, voire à l’incompréhension de ce qu’on attend.

Après je me pose quand même la question dans l’autre sens : qu’est-ce qu’on perd à pas être physiquement dans une équipe ? Je pense notamment à tout ce qu’on apprend juste dans l’environnement : observer comment les collègue travaillent, écouter des discussions, sentir l’ambiance d’un studio. Ça, le distanciel ne me l’a pas permis.

J’aurais aimé voir concrètement comment fonctionne un studio de direction artistique au quotidien, avec les réunions d’équipe, toute cette dynamique de groupe. C’est une expérience que ce stage ne m’a pas donnée, et que je garde en tête pour la suite.

Ce que je retiens surtout de cette expérience du distanciel, c’est que je fonctionne beaucoup mieux dans un cadre basé sur la confiance et la responsabilisation, plutôt que sur le contrôle. Je vais garder ça en tête pour mes futurs choix professionnel.

Un stage rentable ?

Je récapitule ma situation. J’ai effectué un stage de trois mois avec Dédouze, un illustrateur freelance qui compose également de la musique et travaille en 3D. Pendant ce stage, je n’ai pas produit énormément, mais j’ai approfondi ma pratique de Grease Pencil et découvert le côté obscur du métier de freelance.

Lorsque je parle de rentabilité, je compare le temps passé, mes attentes, mon expérience et, surtout, ce que j’ai produit. Pour donner quelques chiffres : en trois mois, je l’ai vu six fois en présentiel et nous avons fait trois visios. J’ai travaillé sur seulement deux projets, qui n’ont même pas été terminés.

Présenté de cette manière, on peut dire que ce n’était pas du tout ce que j’imaginais. Je m’attendais à davantage de présentiel et à des projets plus variés, mais ce ne fut pas le cas.

Est-ce que je suis déçu ?

Peut-être un peu, car c’est un artiste dont je suis le travail depuis le collège et que j’admire beaucoup. Je sais que j’aurais pu apprendre davantage à ses côtés, mais cela n’a pas été le cas.

De plus, mon maître de stage était très occupé, avec une organisation parfois discutable, ce qui rendait la communication compliquée. Au final, je ne travaillais pas beaucoup avec lui.

Cependant, j’ai adoré ce stage, car j’ai utilisé ce temps libre pour produire des choses de mon côté. Plusieurs projets personnels ont vu le jour pour une seule raison : devenir meilleur. Dédouze, avant d’être mon maître de stage, est surtout une immense source d’inspiration. Il joue de plusieurs instruments, dessine tout en continuant à progresser, modélise en 3D… En résumé, c’est quelqu’un qui possède un très large éventail de compétences. Et moi aussi, je veux en être capable.

J’ai donc réalisé de l’animation, des visuels sur Photoshop, mais aussi une petite BD. Pourtant, je ne peux pas vraiment dire que ces projets sont le résultat direct de mon stage. Ils ont été réalisés pendant mes périodes d’inactivité, mais cette envie de créer vient avant tout de mon envie de m’améliorer.

Cette question de la rentabilité m’est venue pendant le dernier mois, car c’est celui où j’ai le plus appris. J’y ai notamment maîtrisé Grease Pencil en seulement deux jours afin de travailler sur le second projet. Je me suis donc dit que mes deux premiers mois n’en valaient peut-être pas la peine.

C’est pour cette raison que ma réponse varie selon le point de vue adopté. Si je ne parle que du stage en lui-même, je dirais qu’il a été peu rentable. En revanche, si je considère l’ensemble de ma période de stage, alors je pense qu’elle a été très rentable.

Comment garder la motivation ?

Ce stage est arrivé à sa fin, j’ai été ravi de pouvoir contribuer au projet global de ma maîtresse de stage qui part avant tout d’un besoin qu’elle ressentait pour aider les plus jeunes (entre autres), et non d’une recherche de profits insensée, le tout dans un cadre professionnel souple et plutôt agréable.
Ces conditions m’ont permis de trouver du sens dans ce que je faisais la plupart du temps, mais il arrivait parfois que cela ne suffisait plus à trouver la motivation.

La première partie du stage portait plutôt sur la découverte de l’univers du projet ce qui était plutôt stimulant et plaisant notamment avec les sorties pour des photos, les visites…
Au fur et à mesure de l’avancée du stage je m’habituais à l’univers ce qui m’a permis de faire un projet plus important qui demandait plus de temps, après avoir alterné sur plusieurs projets de moins grande envergure.
J’ai pris du plaisir à contribuer à ce projet qui consistait en la réalisation de la maquette Figma de l’application mobile, notamment parce que j’étais particulièrement à l’aise sur le logiciel. Ce projet m’a d’ailleurs permis de me confronter à la réalité d’un tel projet dans le monde professionnel, où l’étape de conception demande souvent de nombreux ajustements et retours en arrière.
Évidemment j’étais là pour faire une application qui répond au mieux aux attentes, mais ça s’est parfois avéré moins évident que prévu : j’ai notamment ressenti les limites de la délégation d’un projet (de ma tutrice à moi) dans des situations où même en suivant à la lettre une idée de départ, les attentes pouvaient évoluer au fil de la visualisation du projet.
Ces allers-retours m’ont parfois donné le sentiment de stagner, mais m’ont fait réalisé des inconvénients du fait de déléguer un projet et de l’importance des retours dans des cas où le résultat doit correspondre de façon précise aux idées d’un commanditaire.

J’ai beaucoup apprécié la diversité des projets que j’ai pu faire, même si certains m’ont moins parlé, d’autres m’ont vraiment plu. Cette alternance m’a confirmé que la motivation au travail dépend beaucoup de nos préférences personnelles et si les projets s’y rapportent. Cela m’inquiète un peu pour la suite sachant les conditions favorables dans lesquelles j’ai exercé durant ce stage, où l’on était plutôt écoutés.

Je suppose que le fait que ce ne soit pas directement l’un de mes projets, peut-être plus précisément le fait que la motivation que j’employais ne serait pas directement liée à mon plaisir d’avancée, m’a un peu freiné et refroidi dans l’idée que je me faisais du graphisme dans le monde professionnel.

J’ai une idée plutôt précise de la façon dont j’aimerais pratiquer ensuite, mais cela nécessite de passer par une phase moins agréable pour constituer un apport nécessaire au développement de cette idée. Je ne sais pas si elle est viable et elle me fait me questionner sur le rapport que l’on doit entretenir en tant que graphiste : de quelle façon devons-nous servir l’autre ? J’aimerais pouvoir servir tout en gardant du plaisir à créer et ne pas voir la pratique comme simple source financière, ce qui ne fait que lui nuire je crois.

les différentes étapes décrites dans le texte précédent sont retranscrites sur cette image de facilitation graphique.

Conception de l’exposition « Sourire »

Après avoir fini la charte graphique de Great, Alexia Guggémos m’a confié une dernière mission.
Elle m’a présenté le Musée du Sourire —
un projet qu’elle a elle-même fondé en 1996, l’un des premiers musées entièrement virtuels, construit autour d’une idée simple : rendre l’art accessible en partant d’une émotion que tout le monde comprend, le sourire.

https://www.museedusourire.com/


Alexia m’a présenté son projet « SOURIRE »; une exposition temporaire qu’elle a proposée à la mairie du 17ème arrondissement, dans une salle dédiée aux expositions.
L’idée : rassembler des œuvres du Musée du Sourire. Le timing n’est pas anodin car l’ouverture est prévue pour le 2 septembre, jour de la Journée mondiale du sourire. Avant d’écrire quoi que ce soit, il fallait d’abord bien comprendre le projet et ses contraintes.


Ensemble, on a brainstormé sur le concept de l’exposition. Plusieurs idées ont émergé :

Pourquoi pas créer un parcours pour les visiteurs ?
Et si ce chemin formait la ligne d’un sourire ?
Et si on distribuait des gélules « pilule sourire » à l’entrée ?
On pourrait les faire gagner, non ?
Et un flyer avec des œuvres à deviner autour du sourire ?
Et si le sourire devenait lui-même une œuvre à part entière ?


Ensuite elle m’a montré les dimensions des œuvres, avant qu’on aille directement sur place à la mairie du 17ème —
pour se rendre compte de la salle en vrai. C’était utile pour commencer à penser le parcours, d’autant que la scénographie c’est quelque chose qui m’intéresse


Le projet a évolué au fil des échanges avec la mairie. Certaines de nos idées ont été validées, d’autres non — c’est le jeu.
Ce qui a été acté pour l’instant : des dates plus larges, du 15 septembre au 10 novembre (à confirmer), le nom de l’exposition « SOURIRE », et un code couleur défini.



Et maintenant je suis dans la phase de réalisation. Le projet n’est pas encore terminé, mais il y a déjà des choses bien engagées.
En tout cas, vous êtes les bienvenus pour découvrir l’exposition SOURIRE à partir du 15 septembre !

Vue complète de la planche analytique

Une architecture qui semble vivante

Barcelone est une ville riche en art, et particulièrement en architecture grâce au génie d’Antoni Gaudí, architecte de renom. Il a notamment réalisé la Sagrada Família, la Casa Vicens ou encore la Casa Batlló. Et aujourd’hui, c’est de cette œuvre-là que j’aimerais vous parler.

La première fois que je me suis retrouvé devant elle, j’ai vu cette façade. . Mais intérieurement, j’ai vu bien plus que ça. C’était comme une ouverture sur un monde fantastique ancré dans le réel.

Je me suis senti plongé dans un univers féérique. J’avais l’impression que le bâtiment était prêt à bouger, à danser. Je ne voyais pas des balcons, je voyais des crânes. Je ne voyais pas un toit, mais le dos d’un dragon. J’ai immédiatement ressenti cette notion d’organique qui a influencé tout le travail de Gaudí. Je n’avais pas devant moi un bâtiment figé, mais bien une œuvre vivante.

Essayons maintenant de remettre cette œuvre dans son contexte.

Antoni Gaudí naît en 1852 en Catalogne et suit des études d’architecture. Il réalise la transformation de la Casa Batlló entre 1904 et 1906. À cette époque, Barcelone connaît un important essor économique grâce à l’industrialisation, notamment dans le secteur textile. La ville s’affirme également culturellement à travers une identité catalane forte. C’est dans ce contexte qu’émerge le Modernisme catalan, un mouvement artistique inspiré de la nature et de l’Art nouveau, auquel Gaudí est profondément associé. Il est même celui qui poussera ce mouvement le plus loin.

Dans le Modernisme catalan, la nature devient une source d’inspiration essentielle. Les architectes et les artistes reprennent les formes des plantes, des animaux, des vagues ou encore des rochers pour créer des œuvres aux lignes courbes et organiques. L’artisanat joue également un rôle majeur : les bâtiments sont décorés grâce au savoir-faire de spécialistes de la céramique, du vitrail, de la ferronnerie ou encore de la sculpture. Dans la Casa Batlló, Gaudí réunit parfaitement ces deux influences en créant une architecture qui semble vivante, composée de formes inspirées du monde naturel et de détails réalisés à la main par des artisans qualifiés.

Et la Casa Batlló est vraiment l’une des productions les plus abouties de ce mouvement.

Les balcons de la Casa Batlló sont souvent décrits comme des masques. Personnellement, j’y ai tout de suite vu des crânes. Ce n’est d’ailleurs pas une interprétation si éloignée de l’esprit de l’œuvre. Gaudí utilise constamment des références au vivant dans son architecture. Au niveau du toit, par exemple, il s’inspire directement de la forme d’une colonne vertébrale. On retrouve partout cette idée de squelette, de vertèbres, de courbes. Cela donne à la maison une impression de mouvement permanent.

Les balcons évoquent également des visages humains, des regards tournés vers l’extérieur. Comme s’ils nous invitaient à ouvrir les yeux et à entrer dans cet univers. Les barreaux en torsade me rappellent même des structures organiques semblables à l’ADN. Ce lien avec le vivant se retrouve dans l’ensemble de la façade : très peu de choses sont réellement droites ou linéaires. Tout semble onduler, se transformer, évoluer. Rien n’est figé.

J’ai toujours été sensible aux œuvres organiques, mais celles de Gaudí sont les seules qui me donnent réellement l’impression de voyager dans un autre univers tout en restant ancré dans le réel.

Cet effet est également renforcé par le traitement des couleurs et de la lumière.

La façade est recouverte de mosaïques aux multiples couleurs qui viennent épouser les formes mouvantes du bâtiment. Les reliefs créés par ces mosaïques amplifient encore davantage cette sensation de matière vivante. On retrouve ici toute la richesse des couleurs présentes dans la nature.

Gaudí utilise également les vitraux pour jouer avec les reflets et les variations de lumière. Mais c’est aussi la nuit que la Casa Batlló prend une dimension nouvelle.

Les reliefs des balcons et les courbes des murs se révèlent grâce aux ombres, créant une atmosphère encore plus immersive. Aujourd’hui, la Casa Batlló joue pleinement de cette identité en proposant des spectacles lumineux projetés sur sa façade. Et pour l’avoir vu en vrai, c’est assez troublant : on a vraiment l’impression que le bâtiment est vivant et qu’il se met à bouger.

Mais l’œuvre est si complète que même son toit raconte une histoire.

En réalité, mon intuition lors de ma première visite n’était pas totalement fausse : le toit représente bien un dragon. On le reconnaît grâce aux tuiles colorées qui évoquent des écailles et à la crête qui rappelle celle d’une créature fantastique. Avec ses couleurs éclatantes, ce dragon semble presque magique.

Mais Gaudí ne représente pas n’importe quel dragon. Il fait référence à la légende de Saint Georges, le saint patron de la Catalogne. Selon cette histoire, Saint Georges aurait vaincu un dragon pour sauver une princesse. La tour surmontée d’une croix symboliserait la lance plantée dans le dos du monstre. À travers cette référence, Gaudí mêle symbolisme religieux, identité catalane et architecture dans une seule et même œuvre.

Pour conclure, ce qui m’a le plus marqué dans la Casa Batlló, c’est son pouvoir d’immersion. Cette capacité à faire exister un imaginaire fantastique dans le réel. Cette œuvre occupe une place à part dans l’architecture : ce n’est pas seulement un bâtiment, c’est une expérience, un ressenti, une histoire.

La Casa Batlló montre que le design ne consiste pas uniquement à répondre à un besoin fonctionnel. Il peut aussi créer une émotion, raconter quelque chose, transporter son utilisateur dans un autre univers. Elle démontre qu’un objet ou un espace peut être à la fois utile, créatif et profondément vivant.

Comment un changement d’identité visuelle peut transformer la perception d’une marque ?

Aujourd’hui, je vais présenter le travail de rebranding que je réalise actuellement pour Lena Karelova au sein de l’agence Visual Corner, à Barcelone.

Lena est une photographe spécialisée dans les mariages et travaille régulièrement avec Mercy Guzman, ma maîtresse de stage. Elle souhaitait aujourd’hui faire évoluer son image de marque afin de développer son activité et d’augmenter ses revenus. Pour atteindre cet objectif, il ne suffit pas simplement d’augmenter ses tarifs. Il est également nécessaire de proposer une identité visuelle cohérente avec le positionnement recherché ainsi que des services capables de justifier cette montée en gamme.

L’identité visuelle actuelle de Lena est plutôt simple et accessible. Elle utilise des couleurs douces et propose plusieurs types de prestations sur son site internet. Cependant, cette diversité rend son offre peu lisible et ne met pas suffisamment en valeur son expertise dans la photographie de mariage. Le rebranding a donc pour objectif de repositionner sa marque vers une clientèle plus premium, avec des prestations pouvant atteindre entre 4 000 et 5 000 euros par mariage. L’enjeu est également de recentrer sa communication sur la photographie de mariage tout en conservant les valeurs et la sensibilité qui caractérisent son travail.

Une fois le contexte défini, nous avons commencé par une phase de recherche et d’analyse.

Après plusieurs échanges avec Lena afin de comprendre ses attentes, il était nécessaire d’identifier ce qui la différenciait réellement des autres photographes de mariage. J’ai donc réalisé un benchmark, c’est-à-dire une analyse comparative de plusieurs photographes basés à Barcelone et positionnés sur un segment haut de gamme.

Cette étude m’a permis de comparer différents critères : leur identité visuelle, leur présence sur les réseaux sociaux, l’organisation de leur site internet, leur discours de marque ou encore leur positionnement. Plusieurs constats sont apparus. Lena manque notamment de contenu dédié à la photographie de mariage sur ses réseaux sociaux. Son site internet manque également de clarté : lorsqu’un visiteur arrive sur celui-ci, il ne comprend pas immédiatement que le mariage constitue son activité principale. La diversité des services proposés brouille le message et empêche une immersion complète dans son univers.

Cependant, cette analyse a également montré qu’il ne lui manquait finalement que peu de choses pour atteindre son objectif. Son travail photographique est déjà de grande qualité ; il fallait surtout clarifier son positionnement et renforcer la cohérence de sa communication.

À la suite du benchmark, nous avons défini avec Lena les valeurs qui devaient guider l’ensemble du projet. Nous avons identifié les mots-clés représentant son identité, son approche et la manière dont elle souhaite être perçue par ses futurs clients.

Ces éléments ont ensuite servi de base à la création d’un moodboard regroupant des références de sites internet, de logos, de typographies, de palettes de couleurs et d’ambiances visuelles correspondant à la direction artistique recherchée.

J’ai ensuite eu l’opportunité de participer à l’ensemble du projet. J’ai travaillé sur le logo, les monogrammes, les maquettes du site internet ainsi que différents supports de communication. Cette responsabilité a été particulièrement enrichissante car il s’agissait de mon premier véritable projet de rebranding.

La création du logo a nécessité de nombreuses recherches et expérimentations.

J’ai réalisé plusieurs moodboards complémentaires et développé de nombreuses pistes graphiques avant d’aboutir à une proposition cohérente avec le positionnement souhaité.

Une fois les propositions validées par Lena et Mercy, nous avons créé différents mockups afin de visualiser l’identité dans des situations concrètes.

Nous avons ensuite appliqué la même méthodologie pour la conception des monogrammes.

Le travail sur le site internet a suivi un processus similaire. Nous avons recherché des références, défini une direction visuelle et sélectionné les photographies les plus pertinentes. Cette étape n’a pas été simple. Beaucoup de photographes haut de gamme privilégient les photographies en noir et blanc afin de transmettre une image élégante et sophistiquée. À l’inverse, Lena est reconnue pour ses images aux couleurs douces et sensibles. Nous avons donc cherché à conserver cette singularité tout en renforçant l’aspect premium de sa marque. Pour cela, nous avons notamment travaillé sur les textures, les jeux de matières, les drapés et les contrastes afin d’apporter davantage de sophistication sans perdre l’identité propre de son travail.

Et bien sur chaque étape était directement liée à des phases d’échanges.

Ce projet m’a permis de comprendre l’importance fondamentale des phases de recherche et de positionnement. Avant cette expérience, je considérais ces étapes comme importantes mais secondaires par rapport à la création visuelle. Aujourd’hui, je réalise qu’elles constituent en réalité la base de tout le projet. Elles permettent non seulement de guider les choix créatifs, mais aussi d’aider le client à mieux comprendre sa propre marque, ses objectifs et les évolutions nécessaires pour les atteindre.

Le benchmark joue également un rôle essentiel dans cette prise de conscience. Il permet au client de prendre du recul sur son activité, d’observer ce qui fonctionne chez ses concurrents et de mieux identifier ses propres forces et faiblesses. Cette analyse devient alors un véritable outil stratégique.

J’ai ainsi compris qu’un rebranding ne consiste pas uniquement à modifier une identité visuelle. C’est aussi un travail de réflexion qui amène le client à remettre en question son positionnement, ses services, sa manière de communiquer et sa vision à long terme.

Enfin, ce qui m’a le plus étonnée dans ce projet est la confiance qui m’a été accordée. Je ne me suis jamais sentie cantonnée au rôle de stagiaire exécutante. Au contraire, j’ai eu de réelles responsabilités et j’ai participé activement aux décisions créatives. J’ai également pu échanger directement avec Lena lors des réunions, tandis que Mercy me guidait sans jamais m’imposer de direction.

Cette liberté m’a permis de gagner en confiance et de me sentir pleinement intégrée à l’équipe. J’ai eu le sentiment d’être considérée comme une véritable directrice artistique et graphiste au sein de l’agence. Cette expérience a été extrêmement valorisante et constitue pour moi une première immersion particulièrement enrichissante dans le monde du branding et du design de marque.

Pour conclure, ce projet m’a permis de comprendre qu’un changement d’identité visuelle va bien au delà de l’esthétique. Il transforme la perception d’une marque en la rendant plus cohérente, plus claire et plus attractive pour le public visé. Ici par seulement un rebranding, Lena va pouvoir atteindre une clientèle plus premium.

À travers le rebranding de Lena Karelova, j’ai découvert que le branding est avant tout un travail de stratégie et de positionnement. L’identité visuelle ne sert pas seulement à être belle: elle permet de communiquer des valeurs, d’affirmer une analyse et d’accompagner l’évolution d’une marque vers ses objectifs.