Est-ce qu’on crée vraiment ou est-ce qu’on remplit des cases ?

Ça fait presque deux mois que je suis en stage (en essayant d’éviter de me refaire attaquer par Ménière 🙃), et je me rends compte d’une chose : je fais énormément de choses. Vraiment beaucoup de choses.

Entre les templates, les supports de communication, les réunions, les échanges sur Teams, les scripts, des voyages à Saint-Nazaire et Dunkerque, des événements avec la crème des big boss… je ne vois pas les journées passer. Ni les soirées d’ailleurs. Je suis clairement plongée dans le rythme de l’entreprise et sur ce point-là, je ne m’ennuie pas du tout. Et en plus on mange très bien. Mais vraiment très très bien.

Mais il y a quand même un « mais ».

Malgré le cadre de travail incroyable, je suis frustrée. Parce que malgré tout ce que je fais, j’ai souvent l’impression de remplir des cases. Je fais des templates. Beaucoup de templates. Énormément de templates. Probablement plus de templates que je n’aurais imaginé en faire dans toute ma vie.

Et au final, je me retrouve souvent à adapter, décliner, ajuster… plutôt qu’à inventer. La charte graphique est là pour me rappeler à l’ordre dès que j’essaie de sortir un peu du cadre. Ce qui me ramène à la question : est-ce qu’on crée vraiment dans un grand groupe comme ENGIE, ou est-ce que tout est déjà décidé à l’avance ?

Parce que faire un support, c’est une chose. Le faire valider, c’en est une autre.

Je comprends totalement pourquoi : il faut que tout soit carré, cohérent, conforme à l’image du groupe. Mais ça soulève des questions :

  • Est-ce qu’on n’y perd pas en rapidité ?
  • Est-ce que tout doit vraiment passer par autant d’étapes, même pour des petites choses ?

Et chaque validation supplémentaire, c’est aussi une case de plus à cocher avant que mon travail existe vraiment.

Beaucoup de choses sont faites chez ENGIE, selon les entités, les GBU, même des supports très répétitifs. Du coup je me demande :

  • Est-ce que tout garder en interne permet vraiment de mieux contrôler l’image ou est-ce que ça limite les idées ?
  • Et si on ouvrait un peu plus vers l’externe, est-ce que ça apporterait plus de créativité… ou juste plus de complications ?

Je sais que certaines choses sont faites à l’externe, mais pas dans mon pôle.

Et forcément, ça me ramène à ma place à moi.

Parce que parfois, j’ai vraiment l’impression d’être plus une machine à décliner des slides qu’une graphiste. Bon, j’exagère… (à peine).

  • Est-ce que mon rôle ici, c’est surtout d’apprendre à appliquer des règles ?
  • Et jusqu’où je peux aller sans sortir du cadre… sans déclencher une nouvelle chaîne de validation infinie ?

Au final, ce stage est super formateur, il m’apprend à respecter un cadre, à travailler avec des contraintes, à m’adapter. Et ce n’est pas rien. Parce que grâce à ces fameux slides, il y a eu de vrais supports de communication pour des événements internes, mais aussi externes, comme VIVATECH. Des cases remplies, oui. Mais des cases qui ont quand même fini par compter.

Alors peut-être que la vraie question, ce n’est pas créer ou remplir des cases… c’est apprendre à créer à l’intérieur des cases. Et ça, je commence tout juste à comprendre ce que ça veut dire.

T’es arrivé quand ? Stagiaire ou alternant ?

Fraîchement arrivé depuis une semaine chez The Sanctuary Group, sous l’accompagnement de « Quentin le DA 😎 », ce qui m’a directement sauté aux yeux, c’est la jeunesse et la flexibilité de toute l’équipe comparé à une identité de marque hyper contrôlée par les idées du CEO, Alex.

En effet, le groupe travaille sur 6 marques premium différentes et 15 studios de sport bien-être, avec toute la logistique et les contraintes que ça implique. Dans l’open space, c’est presque 60 % de l’équipe qui sont soit alternants soit stagiaires, arrivés depuis moins de six mois (un choix sûrement budgétaire qui pourrait effrayer). The Sanctuary Group se veut une entreprise jeune et dynamique, poussée par le CEO, avec une qualité de vie au travail primordiale et une image de start-up cool et moderne.

Là-bas, peu importe comment tu travailles dans l’open space, l’engagement reste de produire tout en restant aligné avec la stratégie. Que ce soit sur les bureaux communs, dans les canapés, seul ou à plusieurs, ou encore dans les call box, tout le monde est coordonné par Slack et Notion face à la quantité de contenus à produire.

Malgré une équipe très jeune, il ne faut pas confondre avec non expérimentée : la marque forme à différents métiers pour peu cher, mais en restant extrêmement cohérente.

Cette culture start-up est assez différente de la vie en entreprise classique. Ici la cohésion et le vivre ensemble sont primordiaux. On n’a pas vraiment ce sentiment d’être collègues de travail “classiques”, mais plutôt collègues tout court.

Les temps de pause sont tous plus ludiques les uns que les autres. Le lundi, souvent redouté ailleurs, ici ne l’est pas vraiment : la première chose que l’on fait, c’est discuter de notre week-end autour d’un petit déjeuner dans la cuisine collective, le tout poussé par l’entreprise. Ou encore les pauses où l’on va s’entraîner dans les différents studios de sport de la marque : boxe, pilates, danse…

L’équipe se renouvelle en permanence avec beaucoup d’alternants et de stagiaires. Par exemple, Quentin avec qui je travaille est là seulement depuis janvier et remplace le précédent directeur artistique. Pourtant, la marque n’a fait qu’évoluer et ces changements n’ont pas fragilisé la structure grâce à une organisation claire entre tous les pôles qui sont bien définis. Chaque personne a un rôle précis.

De plus, les échanges sont constants entre les pôles : réunions fréquentes entre les RH, la logistique, la créa, et même les coaches des studios de sport. C’est un point clé : chaque membre a une vision globale grâce à différentes méthodes de mise en commun des projets.

À travers le temps, le groupe a mis plein de méthodes en place pour s’y retrouver. Par exemple, pour le pôle créa, un drive commun a été créé regroupant par catégorie chaque marque, comprenant différents shootings de séances de sport, ainsi que des shootings des coaches dans différents environnements…

De plus, une centralisation massive est présente sur Figma avec toutes les conditions d’utilisation des différentes marques : brandbook, dossier de presse, comment créer les mises en page des newsletters, les campagnes, et même des dossiers pour les franchisés.

En parlant des franchisés, comme ce n’est pas directement notre équipe qui s’en occupe, une méthode simple a été mise en place pour qu’ils puissent créer leurs propres éléments de communication. Chaque template a été recréé sur Canva (habituellement sur Figma) pour qu’ils puissent simplement modifier certaines informations sans recréer toute une template.

Ce que j’ai compris chez The Sanctuary Group, c’est que plus on cadre et on définit ce que l’on veut, plus il sera simple pour le prochain employé de réutiliser les choses, et plus précisément en tant que designer. Sans ce brandbook, sans ce retour constant aux bases, la marque serait trop dispersée et perdrait de son essence.

Malgré cette ambiance propice à la créativité, une seule contrainte s’impose : une phrase revient souvent dans toutes les discussions, « j’attends la validation d’Alex 💀». Cela nous mène à nous dire « il faut penser comme Alex ».

Même avec seulement quatre jours dans l’entreprise, je commence à comprendre ce que veut réellement dire l’image de studio de sport premium. Mais jusqu’où la créativité et la maîtrise des designers ou directeurs artistiques doit constamment refléter l’image de son dirigeant qui n’est pas lui-même dans le milieu de la création ?

Parfois, tout un travail peut juste se réduire à un oui ou un non par une personne extérieure au domaine.

En cette fin de semaine,je découvre que le travail créatif ne consiste pas uniquement à produire des visuels, mais aussi à comprendre une stratégie globale et une manière de penser commune à tous les différents métiers d’une entreprise.

Et maintenant, on fait quoi ? 

Alors que mon stage touche à sa fin, une nouvelle forme d’étonnement me vient à l’esprit. Non plus liée à la découverte d’un fonctionnement, d’une personne ou d’un environnement de travail, mais à la difficulté de quitter un cadre dans lequel je me suis sentie bien.


Ces dernières semaines, j’ai pris conscience à quel point ce stage a été plus qu’une simple “expérience professionnelle”.

Travailler aux côtés de Saïdath m’a permis de me situer dans un écosystème créatif où la polyvalence, l’écoute, et la fluidité des rôles forment une dynamique de travail vivante, humaine, et surtout, motivante.

Je termine ce stage avec une forme de gratitude rare. J’ai non seulement développé des compétences concrètes (graphisme, communication, suivi de projet, photographie, accompagnement en shooting, etc.) mais aussi rencontré des gens formidables et surtout acquis une manière de penser le travail autrement. Plus libre, plus sensible et plus humaine.

Ce qui m’étonne aujourd’hui, c’est l’intensité avec laquelle je me suis attachée à ce mode de travail. Une structure souple, une relation de confiance, une vision du design qui floute les frontières entre mode, objet, identité, et narration et une réelle volonté de s’améliorer ensemble. À la fin de mon stage Saïdath savait à quel point je m’intéresse au design floral en ce moment et m’a mis en relation avec une amie à elle, fondatrice de House of Prose, un studio floral dont j’admire le travail. Elle a fait aussi pensé à m’offrir des fleurs, un geste qui, mine de rien m’a beaucoup touché. Cette expérience me laisse une trace et me donne envie de continuer à évoluer dans des cadres qui me ressemblent, sans avoir à renier mon identité ni à rentrer dans un moule, comparé aux autres marques avec lesquelles j’ai eu un entretien pour le même poste. 

cr: House of Prose

Je crois que ce stage a nourri une forme de réconciliation entre mes aspirations personnelles et ce que je pensais que le “monde pro” attendait de moi. Je me suis longtemps préparée à “faire mes preuves”, à encaisser, à me suradapter. Mais ici, j’ai découvert que l’on peut avancer autrement. Qu’un regard bienveillant n’est pas un signe de faiblesse, mais une vraie force dans le processus de création.

Alors forcément, la question que je me pose maintenant, c’est comment retrouver un cadre aussi sain ? Est-ce que ce stage est une exception, ou un modèle vers lequel je peux tendre dans la suite de mon parcours ? 

Est-ce que je vais devoir choisir entre confort humain et ambition professionnelle ?

Je n’ai pas encore les réponses. Mais ce que je sais, c’est que je n’ai plus envie de me faire toute petite pour “mériter ma place”. Ce stage m’a montré qu’il était possible d’être prise au sérieux sans avoir à me durcir, que l’autonomie se construit mieux dans un cadre de confiance que sous la pression, et que le design commence souvent là où la relation humaine est solide.

Une équipe aux contours flous

En étant un peu plus curieux ces dernières semaines, j’ai été quelque peu surpris par la composition même de l’équipe. En posant des questions, j’ai pu avoir plus de précisions sur les rôles de chacun et j’ai compris que sur place, il n’y avait que quelques véritables employés fixes. Tout le reste de l’activité repose sur une organisation plus dispersée : des stagiaires, présents comme moi pour une durée limitée, et des freelances, souvent à distance, qui interviennent ponctuellement selon les besoins.

Au quotidien, le studio travaille presque exclusivement pour Platform21, une autre structure fondée par les mêmes personnes que HWT. C’est ce lien étroit qui rend la situation un peu particulière : on travaille pour un « client », mais ce client est aussi une sorte d’extension du studio. On est à la fois HWT et à la fois Platform21, selon le contexte, les supports ou les interlocuteurs. Cela brouille encore un peu plus les rôles et les frontières.

Je me suis rendu compte que je ne faisais pas partie d’un pôle bien défini avec des collègues aux responsabilités stables. Ici, c’est presque l’inverse. Mon tuteur est à la fois chef de projet, parfois designer, communicant et coordinateur. Il centralise le lien entre tous les intervenants et assure à lui seul la continuité de l’ensemble. Les autres collaborateurs gravitent autour selon les projets, les périodes ou les urgences.

datavisualisation de l’organisation de l’entreprise

Cette configuration atypique m’a obligé à m’adapter. J’ai dû être autonome, proactif, parfois même anticiper les attentes sans cadre strict, ce qui fait que la plupart du temps mes productions ne correspondaient pas aux attentes. Mais paradoxalement, cela m’a aussi permis de prendre plus de place, d’être réellement impliqué dans la production de contenus visuels, vidéos, photographiques ou animés. Ce modèle d’équipe allégée m’a donné l’occasion de mobiliser l’ensemble de mes compétences et de mieux comprendre le fonctionnement global de l’entreprise.

processus de travail…

Mais cette organisation pose aussi des questions. Peut-on réellement construire une dynamique d’équipe durable quand celle-ci est en grande partie virtuelle ou temporaire ? Que devient la notion de collectif quand chacun travaille de manière isolée ? L’absence de structure hiérarchique claire peut parfois être une force, elle permet de gagner en souplesse, mais elle rend aussi certaines choses plus floues : responsabilités, limites, demandes, cahier des charges. Et ces dernières semaines, je l’ai vraiment ressenti. Parfois, les demandes sont différentes d’une personne à une autre, les instructions peuvent changer sans que tout le monde soit au courant, et j’ai dû m’adapter à tout ce système.

Ce stage m’a fait découvrir un modèle hybride, à mi-chemin entre studio de création, startup éducative et réseau de collaborateurs. Un modèle qui fonctionne ici grâce à la légèreté des projets, la cohérence de la vision et un bon équilibre entre autonomie et confiance. Ce n’est peut-être pas un modèle généralisable, mais il m’a appris qu’il est possible de concevoir une entreprise autrement, moins figée, plus fluide, mais pas sans exigences.

L’après-festival pour repartir de plus belle

La nuit du 8-9juin : WeLoveGreen est fini. La dernière ligne droite fût mouvementée, chargée mais très satisfaisante dans le sens où j’ai pu réellement profiter de la concrétisation de tout le travail fourni avec mes tutrices graphistes ainsi que notre pôle communication. Mais je vais davantage parler de l’après.

On m’avait dit qu’après WeLoveGreen, nous allions travailler sur le prochain festival à venir : Peacock Society. Cette année, il s’agissait de la 14è édition de ce festival électro. Pour moi, le plus gros dans la préparation graphique de ce festival, c’était l’appréhension d’une nouvelle direction artistique. Après avoir eu la tête plongée pendant 2 mois dans la charte graphique de WLG, c’était plus compliqué de s’en extraire, repartir à zéro pour comprendre les codes du second festival.

Passage entre l’identité de WeLoveGreen à PeacockSociety

Et c’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai un peu ramé au début. Vers la fin de WLG, mes tutrices n’avaient plus vraiment de retour à faire puisque j’avais bien compris les principes graphiques, les associations de couleurs, de typos. En revanche pour Peacock, ce fut un retour à la case départ comme si je venais de commencer tout juste mon stage. J’avais l’impression d’avoir perdu tout ce que j’avais compris et mis en pratique pendant la période de WLG… C’est justement ce passage d’une identité à une autre qui m’a permis d’avoir davantage de réflexion sur ma manière de composer un visuel. En effet, avant de commencer ce stage, une de mes tutrices devait souvent me reprendre pour la composition, la hiérarchie d’informations que ce soit sur du print ou pour les réseaux. Puis à force d’avoir enchaîné les productions, je pense réellement que ma manière de représenter l’info, la composition et la structure d’un visuel s’est améliorée.

Moi qui compose (et galère) pour un bandeau de Libération

Cependant, même si j’en retiens un perfectionnement sur le côté technique, j’en retiens moins sur l’aspect créatif. En fait, grâce à l’ampleur moins conséquente du festival Peacock Society, nous travaillions beaucoup moins dans l’urgence. Ainsi, j’ai pu prendre pas mal de recul en ce qui concerne la partie « créative » du graphiste. En réalité, que ce soit Ariane, Laura ou moi, aucune de nous ne faisait réellement de la création à part entière. J’ai eu une prise de conscience un peu désolante qui s’est aussi affirmée après en avoir parlé avec mes tutrices : les graphistes ne produisent quasiment que de l’exécution qui répondent à une charte déjà établie par un graphite extérieur.

L’identité graphique de WLG a été réfléchie et conçue par Lysiane Bollenbach et Clément Vuillier. Pour celle de Peacock Society, il s’agit de Rémi Volclair. Les graphistes en interne ne répondent qu’à une liste de tâches où ils doivent suivre à la lettre les règles établies par les créateurs de l’identité des festivals. Ce manque de création se ressent de mon point de vue de stagiaire mais aussi de celui de mes tutrices. 

« Ce qui est dommage quand on est graphiste en interne, c’est qu’on nous donne pas assez les commandes sur la création… On se rend compte qu’on ne fait que de l’exécution d’affiches pour impression, remplir des templates pour les réseaux, etc. » – Laura, graphiste chez WLG depuis 2 ans.

Mais on peut se dire qu’il y a bien de la création pour de la vidéo (spots tv, réels instagram, pubs YouTube…) où le mouvement est créé/pensé par le graphiste : c’est enfin le moment où on peut jouer avec les codes graphiques !? Au final pas tant que ça… lorsqu’il y a un visuel très cool à faire, où il y a plus de création, du motion travaillé à produire, ce sont souvent des graphistes en free-lance que l’on appelle pour une plus courte durée, donc moins payé, pour une créa davantage conséquente, créative et surtout plus intéressante à réaliser. Beaucoup de choses passent entre les doigts des graphistes en interne, ce qui est, je trouve, pas mal frustrant. Ce qui explique maintenant pourquoi on me parlait de choses très cool à produire, dont je n’avais plus de nouvelles quelques jours plus tard.

Mais je dois bien conclure cette note d’intention par une note positive ! Je dirais sans aucun doute la relation qui s’est nouée et la solidarité au sein de mon équipe. C’est la chose qui m’a aussi étonné par rapport à mes anciens stages où l’atmosphère reste très professionnelle et pudique entre les employés… ici, c’était plus léger, amical et cela du probablement à cet univers de la musique jeune et convivial. Je pense que c’est notamment cette énergie professionnelle qui a fait vivre cette période de stage ainsi que mon expérience dans le monde de l’événementiel.

L’équipe entière !

Compétences en mouvement

Depuis quelques semaines en stage chez HWT d.o.o, une agence de communication, j’ai été surpris par l’aspect fluide et polyvalent de mon rôle. Sur le papier, je suis là pour du design graphique. Mais très vite, en proposant de nouvelles idées et directions, il est devenu évident que mon travail allait s’étendre à bien d’autres domaines. Ce glissement s’est fait assez naturellement, en fonction des besoins du moment et de ce que je pouvais proposer.

dessin de moi qui travaille et montre mon ajout du motion à ma tutrice

L’entreprise développe une plateforme nommée Platform21, qui propose des formations européennes destinées aux enseignants. J’ai d’abord commencé à créer des visuels pour promouvoir ces formations, en m’appuyant sur mes compétences de graphiste. Mais j’ai aussi pris l’initiative d’y ajouter du motion design, en animant certains contenus. Cela a enrichi les supports produits tout en ouvrant de nouvelles portes à mon rôle de stagiaire au sein de l’entreprise.

Au fil du temps mes missions se sont diversifiées au fur et à mesure que je mobilise mes connaissances et capacités. J’ai notamment eu l’occasion de réaliser des montages vidéo ou encore plus récemment de photographier les participants lors des sessions de formation, Ces tâches m’ont permis de participer à la fois à la communication visuelle et à la documentation des projets. Elles m’ont aussi permis de voir de plus près les personnes concernées par ces formations et de mieux comprendre ce que fait l’entreprise au quotidien.

moi qui porte pleins de casquettes parce que (par rapport à l'expression "avoir plusieurs casquettes")

Ce qui rend cette expérience particulière, c’est que je n’ai pas de tâches répétitives ce qui me convient. Mes journées ne se ressemblent pas, et c’est très agréable, enfin, pour l’instant. J’apprécie cette diversité, ce mouvement constant d’une activité à une autre. Cela me donne l’impression de rester actif, sans tomber dans une forme de répétition.

Mais cette mobilité soulève aussi des questions. Est-ce que cette absence de routine est durable à long terme ? Est-ce que l’on peut s’installer professionnellement dans un poste aussi ouvert ? Pour le moment, cette polyvalence me stimule, mais elle me pousse aussi à réfléchir à l’équilibre entre stabilité et variété dans un futur environnement professionnel.

 La bienveillance peut-elle rimer avec exigence ? 

Lorsque j’ai commencé mon stage chez Saïdath, j’étais prête à m’adapter à un univers que j’imaginais intense, voire stressant. Je m’étais préparée à affronter la pression des délais, la rigueur d’un univers créatif en lien avec des marques de luxe, et une certaine distance professionnelle. Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est à trouver un cadre de travail profondément bienveillant et pourtant, aussi exigeant.

L’étonnement est venu de là : comment un tel équilibre est-il possible ? Comment concilier attention portée à l’humain et niveau d’exigence élevé ?

Dès les premiers jours, j’ai été frappée par la manière dont Saïdath encadre le travail : de façon précise, impliquée, mais toujours avec douceur. Elle prend le temps d’expliquer, reformule si nécessaire, valorise les idées, et surtout : ne dramatise pas l’erreur. Le mot « apprendre » revient souvent dans ses phrases, au même titre que « expérimenter ».

Mon cerveau qui tabasse un préjugé

Pourtant, derrière cette souplesse apparente, le rythme de travail est soutenu. Les projets s’enchaînent, les objectifs sont clairs, les délais respectés, les productions rigoureuses, il y a tellement de choses dont j’aimerai vous parler ici mais malheureusement ce n’est pas encore sorti donc il faudra attendre un peu. Ce que je peux dire en revanche c’est que je travaille sur la Paris Design Week et je m’occupe avec Saïdath de toute la partie recherche, DA et c’est à la fois dingue et en même temps je ressens une certaine exigence qui est attendu dans mon travail. 

« J’ai envie de faire quelque chose de grand » 

Saïdath

En temps normal je pars souvent dans tous les sens niveau projet j’ai beaucoup d’idée mais pas les moyens pour les réaliser. Sauf que là j’ai le problème inverse je peux proposer ce que je veux mais je me limite dans mes propositions par peur de manquer de moyen, alors que c’est possible ! C’est un peu marrant. 

Moi totalement pas à ma place chez Maison & Objet

Cela m’a obligée à reconsidérer l’image que j’avais d’un environnement professionnel « sérieux ». Je croyais que l’exigence devait forcément se manifester par la dureté, la distance, voire une certaine forme de pression comme je peux le voir quand elle est en réunion chez l’Oréal. Sauf que ici, l’exigence est présente, mais elle est intégrée à une démarche pédagogique et collaborative. Elle n’écrase pas, elle élève.

Et cela change beaucoup de choses. Parce que je me sens en confiance, je m’autorise à proposer, à tester, à poser des questions. Je n’ai pas peur de ne pas savoir. 

Schéma de ce qu’il se passe pendant un projet

Et paradoxalement, c’est peut-être dans ce cadre détendu que je me sens le plus investie. La bienveillance ne dilue pas la rigueur : elle crée les conditions pour que je sois plus autonome, plus concentrée, plus créative. Elle m’encourage à prendre des initiatives, mais m’offre aussi le droit à l’imperfection.

Cette approche m’interroge sur ma propre vision du travail : est-ce que j’ai intégré malgré moi l’idée que performance et souffrance doivent aller de pair ? Que pour être crédible, il faut forcément se surpasser au risque de se brûler ? Ce stage me montre qu’il existe d’autres modèles, plus équilibrés, plus respectueux. Et qu’ils ne sont pas moins efficaces.

En somme, mon étonnement ne vient pas tant de la bienveillance en elle-même, mais de sa coexistence avec une exigence réelle. Le monde du travail peut être un espace d’exigence sans être un lieu de tension. Et c’est peut-être cette nuance-là que je retiendrai le plus.

être son propre client ?

Bonjour à tous, ici Amira en direct du mois de juin, bientôt deux mois de stage !? Le temps passe si vite … 🤯

Avant tout, petite précision : vous ne trouverez pas ma précédente note d’étonnement. J’y avais sans le savoir glissé quelques informations confidentielles. Pour les mêmes raisons, je ne partagerai pas de visuels graphiques / projets dans celle-ci

Un nouveau lieu :

L’agence vient juste de déménager dans de nouveaux locaux. Même si je suis ici depuis peu, j’ai tout de même ressenti que ce changement avait une symbolique importante : elle occupait ses anciens bureaux depuis quelques années, et ce déménagement marque une nouvelle étape, une forme d’évolution.

Un déménagement peut paraître anecdotique mais d’un point de vue extérieur, cela donne l’impression que l’agence grandit, qu’elle se donne les moyens de se projeter vers d’autres perspectives. Le nouvel espace est davantage en open space, ce qui permettra de s’ouvrir à de nouvelles possibilités, j’ai senti que l’équipe était enthousiaste pour ce nouvel espace et les futurs projets de Grow — organiser des événements, accueillir des partenaires, mieux collaborer….

voici quelques images de l’espace

Une équipe complémentaire :

Ce que je remarque au quotidien c’est aussi la dynamique de l’équipe, il y a un esprit de “petite famille”, tout le monde a ses points forts et les met au service du collectif et donc tout le monde se complète bien.

J’ai eu l’occasion de créer des visuels en étant commanditée par la majorité de l’équipe alors j’ai remarqué que chacun a également sa manière de travailler et de communiquer. Parfois on me briefe par écrit, souvent la plupart sont plus à l’aise à l’oral.

Cela me permet d’apprendre à décoder les attentes, à reformuler, à clarifier —.

Mes apprentissages :

Comment trouver un équilibre entre rapidité et exigence graphique ?

J’ai également gagné en rapidité. Il peut arriver qu’on me demande de réaliser certains visuels dans l’urgence, mais pour autant je ne ressens pas de pression particulière. C’est surtout à moi d’organiser mes tâches. Tout ça m’a aussi permis de mieux estimer le temps nécessaire à la réalisation d’un visuel, ce dont j’avais moins la notion auparavant.

J’assimile mieux certains codes de la communication visuelle : l’importance de l’impact, des repères visuels clairs, le ciblage, surtout sur les réseaux sociaux. Même si de prime abord l’image de marque / com autour d’une marque n’est pas un secteur qui m’intéresse particulièrement, je me rends compte que c’est un champ dans lequel tout designer a à apprendre.

Comment mieux communiquer sur mon propre travail ?

Un point que je trouve intéressant chez Grow, c’est que l’agence communique pour ses clients, mais aussi pour elle-même : elle alimente son compte Instagram, développe du merch, soigne son image, son réseau, etc. En fait, elle est aussi, quelque part, son propre client.

Un membre de l’équipe a réaliser cette fresque dans le sas d’entrée des nouveaux locaux, ce visuel montre bien la volonté de l’agence d’affirmer son identité et de mettre en avant son image.

Au-delà de l’entité agence, c’est aussi quelque chose qui s’applique à l’échelle individuelle. Ces réflexions m’ont amenée à penser comment je pouvais également mieux communiquer sur mon travail, dans la continuité des réflexions menées autour de l’identité visuelle de la DN2, avec un peu plus de distance et un point de vue plus extérieur.

Découvrir un nouveau rythme et produire à grande échelle

Je fais mon stage à La CLEF, qui est une association. Elle fonctionne en partie grâce aux dons des adhérents et au soutien des bénévoles lors des différents événements. La structure est super grande, et elle est surtout connue pour les concerts qu’elle organise. Mais elle propose aussi des cours autour de plein de types de projets.

Ce qui m’a marquée dès le début, c’est l’ambiance. Il y a vraiment une bonne énergie, c’est chaleureux. La plupart des employés partagent une passion commune pour la musique, et les différentes personnes des services se connaissent bien entre elles. La CLEF fonctionne aussi avec l’aide de services civiques et de stagiaires, ce qui apporte de la diversité, notamment au niveau des âges.

Je suis arrivée à une période importante pour l’asso : les 40 ans de La CLEF, fêtés à travers trois gros événements en mai. Comme tout ce qui concernait les projets principaux (affiches, bannières, etc.) avait déjà été fait avant mon arrivée, j’ai surtout été chargée de petits éléments graphiques. Les projets se font sur la suite Adobe, et la communication se fait soit par mail, soit directement à l’oral. D’ailleurs, les gens n’hésitent pas à aller voir directement les autres dans leurs bureaux pour poser une question ou faire une demande. Il y a aussi un serveur commun, où chacun dépose ses fichiers, accessibles à toute l’équipe.

Dès mon arrivée, on m’a présenté mon poste, avec un bureau, un ordi et la suite Adobe fournie. Mes premières semaines ressemblent un peu à une période d’essai, qui permet à ma tutrice de voir ce que je sais faire ou non, et comment je travaille. Pour l’instant, je reste sur des choses assez basiques, ce qui me donne un peu l’impression de ne pas utiliser tout ce que je sais faire. Mais je me sens bien intégrée et l’ambiance est vraiment agréable.

Photo du merch pour les 4O ans de La CLEF (@laclefstgermain) – Photo by me


Ce que j’ai trouvé le plus compliqué, c’est d’arriver en cours de projet, sans toujours bien comprendre à quoi vont servir les éléments que je produis. Ce qui m’a aussi surprise, c’est de ne pas avoir vraiment de charge de travail définie. Ma tutrice me donne les tâches une par une, ce qui change pas mal de l’école, où j’ai une vue d’ensemble sur la semaine ou les deux semaines à venir. Ici, c’est vraiment au jour le jour. Mais ce qui m’a le plus étonnée, c’est les quantités produites. À l’école, on imprime souvent nos projets en un ou deux exemplaires. Là, on parle de 300 flyers ou plus, donc forcément, ça change la manière d’aborder les choses.

Pour l’instant, je ne vois pas encore de grosse différence avec ce qu’on fait en cours, mais je sens que ça va évoluer. On commence déjà à me confier un peu plus de tâches.

La CLEF accueille des artistes en résidence. En bref, cela leur permet de répéter et de préparer leur performance scénique, accompagnés par une équipe qui les conseille et les encadre. À l’issue de la résidence, les artistes donnent un concert en petit comité, dans des conditions proches de celles d’un véritable spectacle : c’est ce qu’on appelle un filage.

Graphisme, cafés et Mario Kart (mon immersion chez Sharing)

Mon stage se déroule chez Sharing, une agence de conseil en stratégie, création graphique, digital et social media. Dès le début, j’ai été très bien accueillie : dans mon bureau, il n’y a que des filles ce qui a facilité mon intégration. L’équipe est composée d’Olivia (community manager), Estelle et Lucile (alternantes qui travail avec elles), et Caroline ma maître de stage, la directrice artistique et associée. Sharing fait partie d’un groupe plus large, PH7 avec plusieurs agences cohabitent au même étage. Donc on croise par exemple Pierre-Olivier, qui s’occupe du web design avec qui on travail beaucoup.

Dès le premier jour, j’ai été plongée dans le rush d’une agence de graphisme : répondre en cinq jours à un appel d’offres pour un client confidentiel. Le brief portait sur le repositionnement d’une marque, la refonte de sa charte graphique, son déploiement sur des supports print, une campagne pub (print & réseaux sociaux) et un site internet. J’ai d’abord eu des tâches comme la recherche d’images ou la création de palettes de couleurs, mais plus la semaine avançait, plus j’ai eu de responsabilités. J’ai par exemple réadapté la charte graphique sur les couvertures de brochures. 

C’est là que j’ai pris conscience de l’importance des mots dans les stratégies de marque. J’ai découvert que le repositionnement passe par le graphisme, mais aussi beaucoup par le choix des mots utilisés dans une campagne de pub. J’ai aussi compris à quel point la communication dans une équipe est essentielle. Avec ma maître de stage, on s’est aussi occupées du repositionnement de la marque, et il fallait que tout le monde reste bien sur le même fil conducteur. On avait des réunions, des temps d’échange, des moments de réflexion en groupe. J’ai aussi participé à la préparation de la présentation du projet. J’ai vu comment on justifie nos choix graphiques, comment on valorise chaque mot et chaque visuel pour défendre une idée. C’est là que j’ai vraiment compris l’importance de bien mettre ses projets en valeur pour convaincre le commanditaire.

Diagramme représentant ma charge de travail

En deuxième semaine, j’ai gagné en autonomie. J’étais entre deux pôles : d’un côté, Estelle et Lucile me confiaient des visuels pour les réseaux sociaux, de l’autre, Caroline me confiait les projet pour Allianz. C’étaient des newsletters pour promouvoir des moments de partage que la société propose, (comme des séminaires, des vacances…) adaptée à la charte graphique. J’ai découvert de nouveaux moyens de communication comme Slack et Trello qui permettent une bonne organisation en agence.

Mon plan de travail sur le projet Allianz

Du côté social media, j’ai aussi travaillé pour la marque Vivacy (marque française spécialisée dans la médecine esthétique). Nous avons shooté un Reel destiné à la communication sur les réseaux sociaux. Ce que j’ai adoré, c’est que dans l’agence on me considère comme une vraie graphiste. Mon avis a vraiment compté pour la préparation du shooting. Avec Lucile, on a réfléchi à chaque image, à ce qu’on voulait montrer, à ce qu’on voulait faire passer au public. Et le jour du tournage, on était là pour s’assurer que nos intentions soient respectées. Il y avait aussi les clientes présentes avec qui on échangeait régulièrement pour être sûres de répondre à leurs attentes.

L’agence déménageait, donc j’ai fait un peu de télétravail en attendant les nouveaux locaux. Cependant j’ai besoin d’être en communication constante avec l’équipe pour avoir des retours, car je doute parfois de mes choix. Ce que j’apprécie, c’est leur pédagogie : elles me font confiance, me donnent des responsabilités et cela me pousse à progresser.

Enfin, l’ambiance au bureau est un vrai plus. À midi, on joue parfois à Mario Kart sur la Switch avec d’autres gens de l’étage, ou on sort bronzer quand il fait beau. Je pense que ces moments de détente contribuent à une bonne dynamique de groupe. Le bien-être des employés à une place importante chez Sharing.

Croquis des pauses midi avec mes collègues

La suite dans le prochain épisode…