L’indécision au mépris du temps

Cela fait déjà un mois que je travaille pour… Attendez, comment ça, ça fait plus d’un mois ?! (Début du stage le 27 avril, nous sommes le 12 juin… le compte y est). Que le temps passe vite… Je m’étonne moi-même de voir à quelle vitesse j’ai pu m’adapter à cette nouvelle routine de travail : la petite réunion d’équipe récurrente du mardi après-midi, la formation du jeudi… Au point d’être presque déboussolé si l’un de ces rendez-vous vient à sauter. Mais ça, c’était avant que cette belle mécanique bien huilée ne subisse le passage d’un ouragan.

Après avoir sagement pris mes marques dans cette entreprise décidément hors norme, j’ai pu observer de près le long parcours du combattant qu’une idée doit traverser avant de devenir une décision. Engagé dans la préparation de ce fameux événement de grande envergure, j’ai vu se dessiner un schéma récurrent, véritable frein à main de notre organisation. Je vous dépeins le tableau : une problématique de départ germe dans l’esprit de la direction. S’ensuivent 3 réunions étalées sur 3 semaines et une avalanche d’idées apportées par l’équipe (devis, designs, schémas, mises en situation…). Et à l’arrivée ? Rien. Personne n’ose trancher, même à la limite de la date butoir, paralysé par la peur de dépasser le budget, de ne pas plaire à tout le monde, etc. Les choses n’aboutissent pas (ou peu), la date fatidique nous rattrape et BIM : les décisions sont prises dans l’urgence absolue. Résultat des courses, nos partenaires (le traiteur, le gérant de la salle de réception, les reprographes et les fournisseurs en tout genre) se retrouvent mis sous pression pour boucler des délais littéralement impossibles à respecter.

C’est là que j’ai mesuré à quel point l’indécision pouvait gangrener absolument toutes les strates d’une organisation, et que cela pouvait partir d’un rien. L’exemple le plus flagrant ? La date de lancement de la communication autour de l’évènement. Le plan était simple : les premières communications devaient être envoyées 2 semaines après l’ouverture de la billetterie pour laisser le temps aux personnes prioritaires de prendre leurs billets (le nombre de places étant limité). Sauf qu’entre les changements de planning, les malentendus et ce fameux manque de prise de décision, la sortie des premiers posts sur les réseaux sociaux a été repoussée de 2 semaines. Un décalage qui n’a pas manqué de chambouler totalement le planning : cette confusion a rendu les inscriptions anarchiques, semant un grand désarroi dans tout le réseau du personnel.

C’est exactement à cet instant que j’ai découvert la merveille du contact client. Le téléphone sonnait toute la journée et il fallait répondre aux questions, mais le support client était totalement débordé. Il a donc fallu que tout le service mette la main à la pâte. Me voilà donc transformé en pieuvre, à passer des journées entières avec une main sur le clavier pour préparer les visuels de ce même événement, l’autre accrochée à un stylo pour noter les questions et les doléances, le tout avec le téléphone vissé à l’oreille pour essayer de répondre aux attentes de chacun.

C’est donc à ce moment précis, au milieu de la tempête, que j’ai compris que procrastiner dans la prise de décision pouvait mener à des conséquences fâcheuses.

Au final, que retenir et qu’espérer de cette fin de stage ? Bien que cette première partie ait été particulièrement éprouvante, elle s’est révélée plus qu’instructive et diversifiée. J’attends donc la suite avec l’envie qu’elle continue sur cette même belle dynamique… avec la pression en moins, peut-être !

Alors c’est ça l’Amérique?

Pour cette période de stage, j’ai été recruté par l’entreprise REMAX France qui est une filiale de l’entreprise américaine Remax Global. Cette entreprise est spécialisée dans la franchise immobilière. Le cadre étant posé, je vais vous raconter la plus grande surprise que j’ai eue : Premier jour, aucune information sur l’entreprise (à part celles de l’entretien, autant dire pas beaucoup), j’entre dans un bureau et je découvre l’Amérique. Un bureau bardé de décorations brandées aux couleurs de l’entreprise et, au milieu de toute cette farandole de merchandising autour de la marque, se trouve une toute petite équipe de 12 personnes chargée de gérer une gigantesque marque répartie dans toute la France.

C’est donc à ce moment que j’ai vécu mon plus grand choc professionnel, j’ai découvert la magie d’une entreprise avec une ambiance réellement familiale dans laquelle j’ai été intégré dès la première seconde.

Sans voir le temps passer, me voilà donc 2 semaines plus tard et des choses se sont passées… Peu après mon arrivée (une heure), la directrice de com m’a posé le cadre. L’entreprise entre dans la phase finale de son année et les choses vont s’enchaîner très vite… Mais vraiment très, très vite. L’entreprise pour sa fin d’année (derniers mois avant la pause estivale) organise une grande convention pour les agents immobiliers afin de les récompenser au travers de remises de prix et d’un grand gala. À cette occasion, la charge de travail qui incombe à l’équipe communication est prévue pour augmenter de façon drastique. J’ai donc eu l’occasion de suivre les réunions de l’entreprise, ce qui m’a permis de me rendre compte de la réalité de l’organisation d’une entreprise de classe mondiale. Le topo est clair pour moi, mon travail sera régi par la charte graphique et elle seule. Ou peut-être pas… En effet, la convention annuelle est le moment de créer et de se séparer de la charte graphique. C’est donc là le moment pour moi de m’épanouir. À cette occasion, je découvre donc le plus grand problème de cette liberté… L’indécision des gens qui n’ont toujours fait que se calquer sur la charte graphique, qui fait que les décisions sur un travail plus créatif sont bien plus compliquées à prendre.

Au final, que retenir de ce début ? Sans beaucoup d’attentes, je me retrouve projeté dans un monde du travail plus qu’agréable, sans mise de pression de la part de l’équipe et surtout une implication, bien que maladroite dans les décisions, qui reste totale et bienveillante. Dans cette idée, qu’attendre pour la suite ? J’attends avec impatience la suite pour toutes les opportunités créatives qu’elle va m’offrir et tous les enseignements qu’elle va m’apporter.