Comment ça c’est déjà fini?

Le jour où j’ai commencé ce stage, je me suis dit que 3 mois ça allait être long. Nous voilà 3 mois plus tard et je me demande à quel moment 3 mois de ma vie se sont écoulés sans que je les voie.

Après la convention annuelle de l’entreprise, les posts en rapport avec celle-ci se sont enchaînés. Entre les posts Instagram, les réels, les photos à retoucher (et j’en passe), les semaines qui ont suivi cet évènement ont tourné essentiellement autour de la communication de ce dernier. Les publications étaient rythmées par un planning de diffusion sur les réseaux sociaux.

C’est au moment où ce rythme effréné entre la préparation, l’évènement en lui-même (qui, en passant, était génial) et la communication a posteriori a pris fin que j’ai commencé à prendre conscience du temps passé. Parce que quand on travaille semaine par semaine avec une seule et même date en tête et que, d’un coup d’un seul, on se retrouve avec des deadlines bien plus souples et une vision sur un plus long terme, on a une sensation de passage du jour à la nuit.

Ce stage s’est donc fini en douceur avec un enchaînement de travaux très diversifiés, comme un changement de charte pour un podcast de formation ou encore une vidéo d’introduction pour un format de live award. Ces projets ont été très variés et ont contribué au fait que je ne voie pas le temps passer, malgré la complexité qu’ils exigeaient.

Alors, que retenir de ce stage ?

La grande diversité de projets et de sujets abordés, ainsi que le contexte particulier dans lequel évolue le pôle communication, ont été très formateurs pour moi. À travers ce stage, j’ai eu l’occasion de découvrir le monde si particulier de l’immobilier. J’ai pu appréhender ses exigences, notamment pour ses documents professionnels et officiels qui ne laissent pas de place à l’erreur, tant dans leur mise en page que dans leur contenu. J’ai également découvert la façon bien particulière avec laquelle il faut s’adresser à un réseau de franchisés : bien qu’ils fassent partie de la même entreprise, ils n’en restent pas moins des clients.

Ce stage m’a donc appris à composer avec cette fine nuance et à comprendre au mieux où situer les différents curseurs qu’exige cette situation particulière en termes de communication.

Malgré tout, je me permets de me poser certaines questions.

Bien que plus qu’instructif, ce stage m’aura permis de me rendre compte que le cadre de l’entreprise me sert de moteur de motivation pour la créativité et la productivité. Mais le fait de travailler en équipe a aussi été une sorte de frein. J’avais par moments l’impression de ne contrôler ni mon rythme de travail ni les tâches à accomplir. Entre les retours de l’équipe sur des propositions déjà validées et terminées, les annulations de projets en cours de production, les retards, les contretemps et les dépriorisations, j’avais l’impression d’avancer à trois vitesses en même temps. Cela a créé des situations ubuesques où je me retrouvais parfois sous l’eau pendant une matinée, puis sans travail fixe l’après-midi même. C’est cet aspect de l’entreprise qui me fait dire qu’être catégorique sur certains sujets (comme l’organisation) peut avoir des bienfaits visibles sur la qualité ainsi que sur l’avancement des projets.

Ce stage me laisse donc avec certains doutes, mais répond aussi à certaines de mes questions :

  • Est-ce que je suis fait pour l’entreprise ? Probablement.
  • Est-ce que le fonctionnement d’une entreprise est un problème dans ma méthode de travail ? Peut-être.
  • Est-ce que je me sens légitime à m’opposer à certaines décisions ? Non.
  • Est-ce que je devrais être plus exigeant quant à l’organisation qu’on m’impose ? Certainement.
  • Est-ce que, malgré tout, cette organisation m’a poussé à me dépasser ? Absolument.

Sans langue de bois, je pense pouvoir dire que ce stage, malgré tous ses petits défauts, n’a pas manqué d’avantages et m’a permis de découvrir une énorme quantité de choses. Cela me fait dire sans l’ombre d’un doute que ça a été la meilleure expérience professionnelle que j’ai pu avoir.

PS : Certains matins, je me dis quand même que la cafetière était le meilleur élément de l’équipe.

Dire oui ou l’adaptabilité, une qualité phare du CV

Cet hiver, en pleine recherche de stage, une connaissance à moi travaillant dans le milieu de l’audiovisuel m’a donné un conseil qui m’a marquée :

« Si on te demande si tu sais faire quelque chose, dis toujours oui. Même si tu n’en es pas capable sur le moment, dis oui, sinon on rate trop d’occasions. Et la plupart du temps, quand on est un minimum du milieu, on arrive à se débrouiller, et la personne en face ne se rend même pas compte qu’on ne savait pas faire au départ. »

Je n’ai pas eu à attendre longtemps avant de mettre ce conseil en pratique. Le tout premier mail que m’a envoyé Raphaël, mon tuteur de stage, tenait en une question : « Tu sais faire du montage ? » J’ai répondu oui. Dans un autre contexte, j’aurais peut-être hésité davantage, mais la pression de ne pas encore avoir de stage m’a poussée vers cette réponse, presque par nécessité. J’avais des bonnes notions, certainement pas un niveau professionnel, mais je me suis dit que ça pourrait toujours servir. Trois mois plus tard, je suis convaincue que c’est cette réponse-là et la compétence qu’elle engage, donc l’adaptabilité, qui a le plus déterminé la suite de mon stage. De mon recrutement, par la confiance que l’équipe m’a accordée, et jusqu’à l’accès à des missions bien plus riches que les tâches répétitives habituellement réservées à un stagiaire.


Une confiance accordée, puis méritée

En arrivant chez Elle Est Belle, je disposais d’une base solide grâce au DNMADE, mais surtout d’un environnement où on m’a très vite délégué des missions petites au départ, mais très variées. Raphaël me le dit encore aujourd’hui : s’il m’a prise en stage, c’est qu’il estimait, au vu de mon CV, que j’avais le niveau et il se dit sincèrement impressionné par ce qu’on maîtrise dès la deuxième année.

Cette confiance ne s’est pas arrêtée aux missions. Elle s’est étendue à la façon dont j’organisais mon temps, à mes horaires, à ma présence. Et cette confiance a été progressive. J’en déduis que Raphaël fonctionnait par observation : il me confiait quelque chose, regardait comment je m’en sortais, sans me presser ni exiger de résultat immédiat, et ajustait ensuite ce qu’il m’accordait. Si je fais le bilan de ces trois mois, ma part et la valeur de mon regard créatif dans les projets a considérablement augmenté. Cette confiance, je crois ne pas en avoir abusé, je l’ai reçue avec sérieux, et j’en ai profité à bon escient. Résultat, je ne suis pas stressée ni overstimulée, je travaille de manière efficace, je m’entends bien avec l’équipe, et je m’y sens bien (même si le cadre de l’agence n’est pas, en soi, celui qui m’attire le plus).



Mais pourquoi donc l’adaptabilité change tout ?

Je mentionne tout d’abord la confiance, car c’est lié. Je me disais que je trouverais forcément un moyen de m’adapter, que je possédais déjà une palette assez large de compétences techniques pour m’en sortir, et que je pouvais toujours demander de l’aide, j’étais entourée de gens conscients que j’étais qu’une stagiaire et prêts à m’accompagner.

J’en tire une conviction qui fonctionne pour moi: bien s’adapter à un environnement nouveau, potentiellement stressant comme peut l’être un milieu professionnel, dépend de deux facteurs essentiel qui doivent fonctionner ensemble.

D’un côté, une base de compétences techniques et pratiques, plutôt large mais bien menée, et une curiosité qui pousse à s’intéresser à des choses qu’on ne maîtrise pas encore plutôt que de rester cantonné à ce qu’on sait déjà faire. De l’autre, la confiance qu’on nous accorde, celle d’un responsable, d’un prof ou d’un client qui ne nous met pas sous pression, qui nous laisse l’espace de chercher, d’essayer, de proposer. C’est cet espace-là qui permet de s’adapter rapidement sans que la qualité du travail en pâtisse.



Pourquoi une qualité « phare » ?

Si je reviens au titre de cette note, c’est précisément parce que l’adaptabilité n’est pas une compétence parmi d’autres : elle chapeaute toutes les autres. On peut avoir une base solide, maîtriser des logiciels, savoir penser graphiquement, proposer une démarche de projet, être organisé, ce socle reste indispensable. Mais c’est l’adaptabilité qui, par-dessus, permet de faire face à n’importe quel projet, n’importe quelle demande, n’importe quel client, indépendamment de ce qu’on a appris à faire en théorie.

Associée aux deux conditions évoquées plus haut, l’adaptabilité fait, je crois, la différence entre un profil normal et un profil qui vaut réellement cher dans le monde professionnel.

Je n’ai pas la prétention d’apporter ici une réponse définitive à la question que je pose. Mais ce stage m’aura au moins appris ceci : cette dynamique entre confiance et adaptabilité fonctionne un peu comme un cercle organique, presque un système donnant-donnant. Quand on perçoit qu’une personne s’adapte vite, on lui fait naturellement confiance ; et cette confiance, en retour, la libère de la pression qui l’empêcherait justement de s’adapter. L’adaptabilité, en somme, c’est une forme de fluidité, savoir ne pas rester figé dans un cadre, ne pas se rigidifier face à ce qu’on ne maîtrise pas encore, un peu comme l’eau qui épouse la forme de ce qu’elle rencontre. Certaines personnes ont cette fluidité de manière naturelle. D’autres l’acquièrent différemment, parce qu’on leur a fait confiance, et parce qu’elles ont, en retour, appris à avoir confiance en ce qu’elles savent déjà faire.



Il me reste encore deux semaines de stage, et je continuerai sans doute à progresser d’ici là (chuuuut, il ne faut pas encore le dire, vous en saurez plus à la rentré, mais petit passage par le web design). Mais s’il y a une chose que ces trois mois m’auront appris, je m’adapte vite, voire très vite, mais pas par hasard, parce que je pars d’une base réelle, et parce qu’on m’a donné un cadre pour le faire. Cette formule magique que j’ai trouvé, est, je crois, celle qui me servira le plus, quel que soit le domaine dans lequel je poursuivrai ensuite.

Le contexte de travail influence-t-il la pratique du design graphique ?

Après un stage de deux mois au sein de l’agence Hapart, j’ai rejoint Maxime et Caroline pendant trois semaines afin de travailler sur Turrim, un jeu éducatif et évolutif destiné à accompagner les enfants dans leurs apprentissages. Ce projet a été créé par notre tutrice, qui était jusqu’à présent la seule personne à avoir travaillé dessus, en dehors de quelques prestataires externes.


Ces deux expériences, m’ont permis de comparer deux cadres de travail radicalement différents. Chacun possédait ses avantages mais aussi ses limites. Passer d’une agence de graphisme à un projet personnel géré par une seule personne m’a amenée à m’interroger sur l’influence du contexte professionnel sur ma manière de créer et de faire évoluer mon design graphique.
J’ai découvert l’organisation de deux structures qui poursuivaient des objectifs très différents. L’agence Hapart développait des projets de communication variés pour plusieurs clients, tandis que Turrim concentrait toute son activité sur un unique produit et la communication qui l’entourait.


En agence, j’alternais constamment entre plusieurs projets, chacun possédant son identité, ses contraintes et son public. Cette diversité m’a obligée à développer une capacité d’adaptation rapide. J’ai appris à comprendre les codes graphiques propres à différents secteurs et à les intégrer dans mon travail. Cette organisation m’a également permis d’accélérer mon processus créatif : il fallait être réactive, faire des choix rapidement et savoir passer d’un univers graphique à un autre.
À l’inverse, je pensais qu’en me consacrant uniquement à Turrim, j’aurais davantage l’occasion d’approfondir ma compréhension du projet et de mieux maîtriser les codes autour du jeu ludique que je ne connaissais pas avant. Malheureusement, ça n’a pas été le cas.

Chez Turrim j’ai découvert une méthode de travail inédite pour moi, j’ai passé mon stage à faire des tâches de l’ordre de l’exécution avec une phase de recherche sur papier très désagréable.


Cette partie était désagréable non pas uniquement à cause de mon aversion pour le papier. Peu importe les concepts ou les pistes que je présentais, ma tutrice restait beaucoup sur son idée initiale. Contrairement à mon expérience chez Hapart, où les propositions donnaient lieu à des échanges et à des débats constructifs, je n’ai que très rarement eu l’occasion d’argumenter sur le design à adopter. J’ai progressivement eu le sentiment de n’être qu’une exécutante chargée de mettre en forme une vision déjà définie. Cette position était particulièrement frustrante après avoir connu un environnement où la réflexion et le dialogue occupaient une place un peu plus importante.
À cela se sont ajoutés de nombreux retards, imprévus et changements de planning. Même s’il s’agissait d’accidents, ils perturbaient l’organisation du travail et m’empêchait d’anticiper mes tâches et ma journée en général. Je me sentais moins concentrée, moins productive et j’avais du mal à m’investir dans les projets.
Cette expérience m’a permis de prendre conscience de l’importance d’une bonne équipe dans le processus de création. Les personnes avec lesquelles je travaille influencent directement ma motivation, ma capacité à avoir des idées et mon efficacité. J’avais déjà ressenti ça au sein du DNMADE, mais le fait d’être exécutante plutôt que de créative a fortement accentué cette impression.


J’ai pris conscience plusieurs conditions essentielles en tant que designer graphique pour bien travailler. J’ai besoin d’une véritable liberté de recherche afin d’explorer différentes pistes, mais également d’un espace de discussion où les propositions peuvent être argumentées, remises en question et enrichies collectivement. C’est dans cet échange que les décisions graphiques prennent réellement du sens et qu’un objet graphique peut passer de banal à marquant.

Ces deux stages m’ont également amenée à questionner les différentes étapes de conception. Chez Hapart, les recherches étaient courtes (voir inexistantes) et se faisaient directement sur ordinateur. À l’inverse, chez Turrim, les recherches sur papier occupaient une place très importante alors que l’ordinateur n’était utilisé que pour la production finale. Finalement, aucune de ces deux méthodes ne me semble totalement satisfaisante lorsqu’elle est appliquée de manière systématique. Ces méthodes peuvent intervenir pour gagner en temps sur des projets rapides mais ce n’est pas toujours le cas, un équilibre entre réflexion, expérimentation et réalisation est à trouver en fonction des contraintes d’un projet.


Avec le recul, sur plusieurs projets réalisés pendant ces stages, mon travail commençait directement par la production graphique. Pourtant, le rôle du designer débute pour moi avant cette étape : analyser un besoin, comprendre un contexte, explorer et construire une réflexion avant de produire des objets graphiques complets… 🫡

Comment créer quand tout est déjà défini ?

Alors accrochez-vous, parce que la semaine du 15 au 19 juin, je crois que je l’ai vécue en mode accéléré x2, comme quand on regarde une vidéo trop longue et qu’on n’a pas le temps.

LE résumé de mon temps chez ENGIE

Lundi matin, ambiance conférence : Doigby, Gaspard G et Nota Bene viennent nous expliquer comment gérer les réseaux sociaux et le travail de créateur de contenu. Moi, stylo en main, je note absolument tout comme si j’étais en train de préparer un examen surprise. Spoiler alert : ça a servi, et plutôt deux fois qu’une.

Doigby, Nota Bene et Gaspard G avec Marie-Irene, chargé de la communication groupe

À peine la conférence terminée, sprint façon métro-boulot-mais-en-vrai-sprint jusqu’à Montparnasse, train, et hop, me voilà à Montoir pour deux jours de tournage autour de l’arrivée d’une nouvelle directrice. Prises de vue, cadrages, lumière à ajuster toutes les cinq minutes parce que le soleil, lui, n’a clairement pas lu le planning. On enchaîne, on enchaîne, on enchaîne. Je crois que mon corps a commencé à fonctionner uniquement à la Holy énergie.

Et puis, sans transition (vraiment, aucune), Vivatech débarque. Trois jours de stand ENGIE en mode contenu-minute : il faut filmer, monter, publier, tout ça en même temps, pendant que défilent devant moi des gens que je ne pensais croiser qu’à la télé. Gabriel Attal, Macron, Bernard Arnault, Catherine MacGregor (…que des gens que j’avais envie d’attraper), puis je me suis rappelée que j’étais censée travailler. Ce qui m’a le plus marquée, ce n’est même pas les VIP (bon, un peu quand même), c’est le grand écart complètement fou entre deux mondes : d’un côté un site industriel où on filme du concret, de la matière, du réel qui se transforme sous nos yeux ; de l’autre un salon où absolument tout devient image, discours, mise en scène. Passer de « on montre comment ça marche » à « on montre comment on veut qu’on nous voie », ça fait un choc culturel. Le genre de choc qui te fait réviser toute ta vision de la communication en une seule après-midi.

VivaTech, c’était un très gros projet, puisqu’il fallait à la fois créer des templates pour 7 pays et réaliser des tournages vidéo comme celle-ci: https://lnkd.in/p/gjtAaBhd

Et puis, cerise sur le gâteau, ou plutôt coupe de champomy sur la péniche : mon tout premier afterwork professionnel. Une péniche aux Invalides, le Grand Palais et la Tour Eiffel en fond, façon carte postale so chic (yeah I’m bilingual now). Mais plus sérieusement, ce moment-là, ça m’a rappelé qu’il existe un vrai côté humain chez ENGIE, alors que le quotidien au campus donne parfois l’impression que chacun vit dans sa bulle personnelle, casque vissé sur les oreilles, Teams ouvert, silence radio complet.

Depuis, je suis plongée à fond dans le programme pilote ambassadeurs : une équipe d’ingénieurs sélectionnés pour apprendre à communiquer, à prendre la parole, à devenir un peu les porte-voix de l’entreprise sur les réseaux sociaux. Et c’est précisément là que mon plus gros questionnement se loge et que le titre de la note découle. On me demande de créer une identité visuelle complète : logo, background, template de mails, tout un univers graphique pour ce nouveau programme. Sauf que très vite, je me cogne contre un mur invisible mais bien solide sa maman: les codes déjà en place, la charte graphique, les habitudes de communication du groupe. Résultat, je me repose la même question que d’habitude, en version boss encore plus corsé : comment créer une identité neuve, un truc qui ressemble vraiment à quelque chose, quand la communication collective pose des barrières avant même que j’aie fini de dessiner le premier pixel ?

Quelques questions qui tournent en boucle dans ma tête, comme un vieux disque rayé :

  • Est-ce qu’on peut vraiment inventer une identité de programme quand chaque couleur, chaque police, chaque logo doit « respecter la charte » au millimètre près ?
  • Et moi, dans tout ça, je suis en train d’apprendre à créer, ou juste à cocher des cases avec un joli logo dessus ?

Ce que j’utilise, couleurs, typo, logo, c’est en fait une toute petite partie de ce qui fait qu’on reconnaît la marque. Tout le reste, est grand ouvert (je crois) : le rythme, la composition, le ton que j’adopte pour raconter, les images que je choisis, la façon dont je construis une histoire, l’humour que je m’autorise ou pas, ce que je décide de montrer et ce que je décide de taire. Et c’est précisément là, dans tout cet impensé, qu’est peut être la créativité. Ceci dit (et c’est la question qui me pique un peu plus) : cette marge de manœuvre qu’on me laisse, elle est réelle ou juste affichée ?

Bref, entre les trains, les tournages, les stands bondés, les VIP qui passent comme des célébrités de cinéma, la péniche digne d’une carte postale, et les logos qui doivent plaire à absolument tout le monde sans déplaire à personne (mission quasi impossible), je crois que je n’ai jamais autant appris en si peu de temps. Reste à savoir si j’apprends à créer, ou si j’apprends surtout à créer dans les clous, avec le sourire, et sans dépasser.

L’indécision au mépris du temps

Cela fait déjà un mois que je travaille pour… Attendez, comment ça, ça fait plus d’un mois ?! (Début du stage le 27 avril, nous sommes le 12 juin… le compte y est). Que le temps passe vite… Je m’étonne moi-même de voir à quelle vitesse j’ai pu m’adapter à cette nouvelle routine de travail : la petite réunion d’équipe récurrente du mardi après-midi, la formation du jeudi… Au point d’être presque déboussolé si l’un de ces rendez-vous vient à sauter. Mais ça, c’était avant que cette belle mécanique bien huilée ne subisse le passage d’un ouragan.

Après avoir sagement pris mes marques dans cette entreprise décidément hors norme, j’ai pu observer de près le long parcours du combattant qu’une idée doit traverser avant de devenir une décision. Engagé dans la préparation de ce fameux événement de grande envergure, j’ai vu se dessiner un schéma récurrent, véritable frein à main de notre organisation. Je vous dépeins le tableau : une problématique de départ germe dans l’esprit de la direction. S’ensuivent 3 réunions étalées sur 3 semaines et une avalanche d’idées apportées par l’équipe (devis, designs, schémas, mises en situation…). Et à l’arrivée ? Rien. Personne n’ose trancher, même à la limite de la date butoir, paralysé par la peur de dépasser le budget, de ne pas plaire à tout le monde, etc. Les choses n’aboutissent pas (ou peu), la date fatidique nous rattrape et BIM : les décisions sont prises dans l’urgence absolue. Résultat des courses, nos partenaires (le traiteur, le gérant de la salle de réception, les reprographes et les fournisseurs en tout genre) se retrouvent mis sous pression pour boucler des délais littéralement impossibles à respecter.

C’est là que j’ai mesuré à quel point l’indécision pouvait gangrener absolument toutes les strates d’une organisation, et que cela pouvait partir d’un rien. L’exemple le plus flagrant ? La date de lancement de la communication autour de l’évènement. Le plan était simple : les premières communications devaient être envoyées 2 semaines après l’ouverture de la billetterie pour laisser le temps aux personnes prioritaires de prendre leurs billets (le nombre de places étant limité). Sauf qu’entre les changements de planning, les malentendus et ce fameux manque de prise de décision, la sortie des premiers posts sur les réseaux sociaux a été repoussée de 2 semaines. Un décalage qui n’a pas manqué de chambouler totalement le planning : cette confusion a rendu les inscriptions anarchiques, semant un grand désarroi dans tout le réseau du personnel.

C’est exactement à cet instant que j’ai découvert la merveille du contact client. Le téléphone sonnait toute la journée et il fallait répondre aux questions, mais le support client était totalement débordé. Il a donc fallu que tout le service mette la main à la pâte. Me voilà donc transformé en pieuvre, à passer des journées entières avec une main sur le clavier pour préparer les visuels de ce même événement, l’autre accrochée à un stylo pour noter les questions et les doléances, le tout avec le téléphone vissé à l’oreille pour essayer de répondre aux attentes de chacun.

C’est donc à ce moment précis, au milieu de la tempête, que j’ai compris que procrastiner dans la prise de décision pouvait mener à des conséquences fâcheuses.

Au final, que retenir et qu’espérer de cette fin de stage ? Bien que cette première partie ait été particulièrement éprouvante, elle s’est révélée plus qu’instructive et diversifiée. J’attends donc la suite avec l’envie qu’elle continue sur cette même belle dynamique… avec la pression en moins, peut-être !

Est-ce qu’on crée vraiment ou est-ce qu’on remplit des cases ?

Ça fait presque deux mois que je suis en stage (en essayant d’éviter de me refaire attaquer par Ménière 🙃), et je me rends compte d’une chose : je fais énormément de choses. Vraiment beaucoup de choses.

Entre les templates, les supports de communication, les réunions, les échanges sur Teams, les scripts, des voyages à Saint-Nazaire et Dunkerque, des événements avec la crème des big boss… je ne vois pas les journées passer. Ni les soirées d’ailleurs. Je suis clairement plongée dans le rythme de l’entreprise et sur ce point-là, je ne m’ennuie pas du tout. Et en plus on mange très bien. Mais vraiment très très bien.

Mais il y a quand même un « mais ».

Malgré le cadre de travail incroyable, je suis frustrée. Parce que malgré tout ce que je fais, j’ai souvent l’impression de remplir des cases. Je fais des templates. Beaucoup de templates. Énormément de templates. Probablement plus de templates que je n’aurais imaginé en faire dans toute ma vie.

Et au final, je me retrouve souvent à adapter, décliner, ajuster… plutôt qu’à inventer. La charte graphique est là pour me rappeler à l’ordre dès que j’essaie de sortir un peu du cadre. Ce qui me ramène à la question : est-ce qu’on crée vraiment dans un grand groupe comme ENGIE, ou est-ce que tout est déjà décidé à l’avance ?

Parce que faire un support, c’est une chose. Le faire valider, c’en est une autre.

Je comprends totalement pourquoi : il faut que tout soit carré, cohérent, conforme à l’image du groupe. Mais ça soulève des questions :

  • Est-ce qu’on n’y perd pas en rapidité ?
  • Est-ce que tout doit vraiment passer par autant d’étapes, même pour des petites choses ?

Et chaque validation supplémentaire, c’est aussi une case de plus à cocher avant que mon travail existe vraiment.

Beaucoup de choses sont faites chez ENGIE, selon les entités, les GBU, même des supports très répétitifs. Du coup je me demande :

  • Est-ce que tout garder en interne permet vraiment de mieux contrôler l’image ou est-ce que ça limite les idées ?
  • Et si on ouvrait un peu plus vers l’externe, est-ce que ça apporterait plus de créativité… ou juste plus de complications ?

Je sais que certaines choses sont faites à l’externe, mais pas dans mon pôle.

Et forcément, ça me ramène à ma place à moi.

Parce que parfois, j’ai vraiment l’impression d’être plus une machine à décliner des slides qu’une graphiste. Bon, j’exagère… (à peine).

  • Est-ce que mon rôle ici, c’est surtout d’apprendre à appliquer des règles ?
  • Et jusqu’où je peux aller sans sortir du cadre… sans déclencher une nouvelle chaîne de validation infinie ?

Au final, ce stage est super formateur, il m’apprend à respecter un cadre, à travailler avec des contraintes, à m’adapter. Et ce n’est pas rien. Parce que grâce à ces fameux slides, il y a eu de vrais supports de communication pour des événements internes, mais aussi externes, comme VIVATECH. Des cases remplies, oui. Mais des cases qui ont quand même fini par compter.

Alors peut-être que la vraie question, ce n’est pas créer ou remplir des cases… c’est apprendre à créer à l’intérieur des cases. Et ça, je commence tout juste à comprendre ce que ça veut dire.

Le graphiste de cinéma est-il le même que celui d’agence ?

Depuis que je suis passé au graphisme, j’ai remarqué une manie négative constante qui découle fortement de la nature du travail et des gens autour de l’équipe de graphisme.

L’équipe de graphisme en elle-même est très bien, mes trois « collègues » (Cyril, Almudena et Adrienne) sont pédagogues, drôles et consciencieux, mais il y a une « négativité » persistante autour du travail et surtout des autres équipes vis-à-vis du graphisme.

l’équipe de graphisme : Almudena, Adrienne et Cyril (ils font semblant de crier pour la photo)

Je ne parlerai pas d’irrespect ou de condescendance ouverte, mais je pense qu’il y a une inconsidération sous-jacente vis-à-vis des graphistes, de leur rôle et de leur travail.

Ce n’est pas rare qu’on nous demande de faire des tâches qui ne nous concernent pas, certaines personnes venant à notre bureau pour nous « demander un service » (qui ne correspond pas à notre travail, mais au leur) alors que nous sommes déjà débordés de missions. Ou encore, l’ensemble des autres équipes de la décoration et de l’ensembliage ont pu engager des renforts, et nous sommes les seuls (malgré nos demandes) à ne pas avoir de nouveaux bras pour nous aider.

Cela m’a fortement choqué au départ, surtout la façon dont tous les graphistes devaient faire des heures sup (voire venir pendant les week-ends), ou bien la façon dont on nous donne des dossiers à 17 h pour le lendemain matin (à designer, imprimer et monter). Ou parfois même des phrases d’autres équipes balancées quand nous sommes dans une impasse : « Bah, c’est quand même la base de votre travail » (spoiler : non), agressives et pressantes.

Cela m’a poussé à me poser la question : est-ce que cet « irrespect » vient du milieu du cinéma ? Est-ce que c’est à cause de la série en particulier (qui attire des fois des personnes superficielles ou hautaines) ou bien de la production américaine et donc une dissonance avec leur praxis culturelle ?

Mais après un moment de réflexion, j’ai compris que ces questions sur “l’origine » de cette inconsidération n’étaient pas si intéressantes, mais que ma plus grande question, et peut-être même peur, était :

Est-ce que cette situation est propre au cinéma parce que le graphisme n’est qu’un rouage dans la machine ou est-ce qu’une agence de graphisme fait face aux mêmes problèmes ?

Je me doute qu’il y a de fortes différences entre le graphisme de cinéma et le graphisme dans une agence ou un studio dédié, autant sûrement de différence qu’entre le graphisme de grande entreprise, un illustrateur, un spécialiste du branding, etc.
Je pense que la plus grande différence est dans les délais, surtout en prenant en considération le sujet de la série — dans Emily in Paris, Emily travaille dans une agence de publicité —, donc il y a BEAUCOUP de branding pour des compagnies de luxe factices. Pour ce branding qui devrait normalement prendre peut-être plusieurs mois à un vrai studio, nous avons 1 ou 2 semaines maximum. (Bien sûr, nous n’avons pas de vrais clients difficiles, mais nous avons des producteurs américains qui ne comprennent pas le temps passé pour le design de chaque marque).

Au-delà de ça, dans le cinéma, le graphisme n’est qu’un petit aspect de la scène, ce qui peut expliquer le regard envers le département de graphisme. Dans un studio où la création est le but principal et la « seule activité », il n’y a pas de rippers ou de set dressers pour faire des demandes incongrues qui ne sont pas dans la liste de nos compétences.
Cette différence entre le graphiste de cinéma et le graphiste de studio m’a surtout inquiété, car je voudrais personnellement me tourner vers l’audiovisuel, mais cette dissonance entre le graphisme et le reste des équipes n’est pas tout à fait un frein, mais assurément pas un avantage. Je me fais la réflexion après, que chaque métier apporte son lot de problèmes et que, peut-être qu’un graphiste de studio affronte les mêmes problèmes et, sinon, assurément, il en affronte d’autres.


Je me rends seulement compte maintenant des tensions propres au monde du travail. Et malgré cet aspect négatif, je suis d’autant plus motivé à continuer de découvrir, d’apprendre il à prendre de l’expérience dans ce domaine.

T’es arrivé quand ? Stagiaire ou alternant ?

Fraîchement arrivé depuis une semaine chez The Sanctuary Group, sous l’accompagnement de « Quentin le DA 😎 », ce qui m’a directement sauté aux yeux, c’est la jeunesse et la flexibilité de toute l’équipe comparé à une identité de marque hyper contrôlée par les idées du CEO, Alex.

En effet, le groupe travaille sur 6 marques premium différentes et 15 studios de sport bien-être, avec toute la logistique et les contraintes que ça implique. Dans l’open space, c’est presque 60 % de l’équipe qui sont soit alternants soit stagiaires, arrivés depuis moins de six mois (un choix sûrement budgétaire qui pourrait effrayer). The Sanctuary Group se veut une entreprise jeune et dynamique, poussée par le CEO, avec une qualité de vie au travail primordiale et une image de start-up cool et moderne.

Là-bas, peu importe comment tu travailles dans l’open space, l’engagement reste de produire tout en restant aligné avec la stratégie. Que ce soit sur les bureaux communs, dans les canapés, seul ou à plusieurs, ou encore dans les call box, tout le monde est coordonné par Slack et Notion face à la quantité de contenus à produire.

Malgré une équipe très jeune, il ne faut pas confondre avec non expérimentée : la marque forme à différents métiers pour peu cher, mais en restant extrêmement cohérente.

Cette culture start-up est assez différente de la vie en entreprise classique. Ici la cohésion et le vivre ensemble sont primordiaux. On n’a pas vraiment ce sentiment d’être collègues de travail “classiques”, mais plutôt collègues tout court.

Les temps de pause sont tous plus ludiques les uns que les autres. Le lundi, souvent redouté ailleurs, ici ne l’est pas vraiment : la première chose que l’on fait, c’est discuter de notre week-end autour d’un petit déjeuner dans la cuisine collective, le tout poussé par l’entreprise. Ou encore les pauses où l’on va s’entraîner dans les différents studios de sport de la marque : boxe, pilates, danse…

L’équipe se renouvelle en permanence avec beaucoup d’alternants et de stagiaires. Par exemple, Quentin avec qui je travaille est là seulement depuis janvier et remplace le précédent directeur artistique. Pourtant, la marque n’a fait qu’évoluer et ces changements n’ont pas fragilisé la structure grâce à une organisation claire entre tous les pôles qui sont bien définis. Chaque personne a un rôle précis.

De plus, les échanges sont constants entre les pôles : réunions fréquentes entre les RH, la logistique, la créa, et même les coaches des studios de sport. C’est un point clé : chaque membre a une vision globale grâce à différentes méthodes de mise en commun des projets.

À travers le temps, le groupe a mis plein de méthodes en place pour s’y retrouver. Par exemple, pour le pôle créa, un drive commun a été créé regroupant par catégorie chaque marque, comprenant différents shootings de séances de sport, ainsi que des shootings des coaches dans différents environnements…

De plus, une centralisation massive est présente sur Figma avec toutes les conditions d’utilisation des différentes marques : brandbook, dossier de presse, comment créer les mises en page des newsletters, les campagnes, et même des dossiers pour les franchisés.

En parlant des franchisés, comme ce n’est pas directement notre équipe qui s’en occupe, une méthode simple a été mise en place pour qu’ils puissent créer leurs propres éléments de communication. Chaque template a été recréé sur Canva (habituellement sur Figma) pour qu’ils puissent simplement modifier certaines informations sans recréer toute une template.

Ce que j’ai compris chez The Sanctuary Group, c’est que plus on cadre et on définit ce que l’on veut, plus il sera simple pour le prochain employé de réutiliser les choses, et plus précisément en tant que designer. Sans ce brandbook, sans ce retour constant aux bases, la marque serait trop dispersée et perdrait de son essence.

Malgré cette ambiance propice à la créativité, une seule contrainte s’impose : une phrase revient souvent dans toutes les discussions, « j’attends la validation d’Alex 💀». Cela nous mène à nous dire « il faut penser comme Alex ».

Même avec seulement quatre jours dans l’entreprise, je commence à comprendre ce que veut réellement dire l’image de studio de sport premium. Mais jusqu’où la créativité et la maîtrise des designers ou directeurs artistiques doit constamment refléter l’image de son dirigeant qui n’est pas lui-même dans le milieu de la création ?

Parfois, tout un travail peut juste se réduire à un oui ou un non par une personne extérieure au domaine.

En cette fin de semaine,je découvre que le travail créatif ne consiste pas uniquement à produire des visuels, mais aussi à comprendre une stratégie globale et une manière de penser commune à tous les différents métiers d’une entreprise.

Alors c’est ça l’Amérique?

Pour cette période de stage, j’ai été recruté par l’entreprise REMAX France qui est une filiale de l’entreprise américaine Remax Global. Cette entreprise est spécialisée dans la franchise immobilière. Le cadre étant posé, je vais vous raconter la plus grande surprise que j’ai eue : Premier jour, aucune information sur l’entreprise (à part celles de l’entretien, autant dire pas beaucoup), j’entre dans un bureau et je découvre l’Amérique. Un bureau bardé de décorations brandées aux couleurs de l’entreprise et, au milieu de toute cette farandole de merchandising autour de la marque, se trouve une toute petite équipe de 12 personnes chargée de gérer une gigantesque marque répartie dans toute la France.

C’est donc à ce moment que j’ai vécu mon plus grand choc professionnel, j’ai découvert la magie d’une entreprise avec une ambiance réellement familiale dans laquelle j’ai été intégré dès la première seconde.

Sans voir le temps passer, me voilà donc 2 semaines plus tard et des choses se sont passées… Peu après mon arrivée (une heure), la directrice de com m’a posé le cadre. L’entreprise entre dans la phase finale de son année et les choses vont s’enchaîner très vite… Mais vraiment très, très vite. L’entreprise pour sa fin d’année (derniers mois avant la pause estivale) organise une grande convention pour les agents immobiliers afin de les récompenser au travers de remises de prix et d’un grand gala. À cette occasion, la charge de travail qui incombe à l’équipe communication est prévue pour augmenter de façon drastique. J’ai donc eu l’occasion de suivre les réunions de l’entreprise, ce qui m’a permis de me rendre compte de la réalité de l’organisation d’une entreprise de classe mondiale. Le topo est clair pour moi, mon travail sera régi par la charte graphique et elle seule. Ou peut-être pas… En effet, la convention annuelle est le moment de créer et de se séparer de la charte graphique. C’est donc là le moment pour moi de m’épanouir. À cette occasion, je découvre donc le plus grand problème de cette liberté… L’indécision des gens qui n’ont toujours fait que se calquer sur la charte graphique, qui fait que les décisions sur un travail plus créatif sont bien plus compliquées à prendre.

Au final, que retenir de ce début ? Sans beaucoup d’attentes, je me retrouve projeté dans un monde du travail plus qu’agréable, sans mise de pression de la part de l’équipe et surtout une implication, bien que maladroite dans les décisions, qui reste totale et bienveillante. Dans cette idée, qu’attendre pour la suite ? J’attends avec impatience la suite pour toutes les opportunités créatives qu’elle va m’offrir et tous les enseignements qu’elle va m’apporter.

À LA RECHERCHE DU GRAPHISME :

Pendant ces trois premières semaines, même si peu de temps est passé, j’ai pu remarquer plusieurs choses.


Pour donner un peu de contexte, je suis en stage sur un tournage en déco alternant entre l’enssembliage et le graphisme. Nous sommes encore en préparation de tournage pendant une bonne semaine.


Pendant mes deux première semaine, j’ai aidé à ranger les props (accessoires) au stock et à faire le ménage, au point que je m’inquiétais du rapport entre mon stage et mes études. J’étais une femme de ménage, une déménageuse, mais où était Ambre la graphiste ?


Pourtant, j’ai quand même retirer certaines choses de ce cours passage au stock.


-L’initiative-


Dès qu’on a reçu les camions, tout le monde était stressé et pressé de finir de ranger à temps. J’ai habituellement besoin de consignes très strictes et claires pour travailler, une mauvaise habitude qui s’ajoute à un doute permanent sur ce que je produit, mais à ce moment-là, je n’avais aucune consigne, aucune indication, à part un « improvise, fais comme tu veux pour que ça soit logique ». Et ça peut paraître anodin mais au final, cette liberté m’as fait passer d’une anxiété profonde à une certaine assurance dans ce que je faisais.


-La resilience-

Un autre point majeur dans le travail de décor -surtout quand on travaille avec des personnes notoirement perfectionnistes- c’est que chaque étape sera défaite. Il y a toujours quelque chose à modifier, on peut toujours améliorer ou optimiser ce qu’on fait. Ce qui fait que j’ai vite compris que je devrais m’habituer à devoir recommencer « tout » mon travail à plusieurs reprises, ce qui me semble assez logique dans le travail d’un designer : de devoir se plier au client et aux changements qu’il demande. Mais même au delà de ces modifications rapides, tous les efforts fournis seront remballés dès la fin du tournage, voire oubliés, jetés, vendus ou donnés si la série ne réitère pas de nouvelle saison.
Il y a presque une notion de travail ingrat, mais nécessaire.


-La patience-

Surtout pendant les premiers jours, les journées n’étaient que de longues heures d’attente. Attendre après les camions, attendre que certaines équipes arrivent ou reviennent… Étant assez motivée, chaque tâche qui m’était confiée était finie si rapidement que mes collègues ne savaient plus quoi me donner comme travail. (Ce qui -merci- a grandement changé depuis que je travaille avec les graphistes). Je ne parlerai peut-être pas de manque de communication, mais j’ai en effet remarqué que tout le monde attendait quelqu’un finalement, l’assistant attend après les graphistes qui attendent après l’imprimeur etc…

Finalement, j’en ai encore beaucoup à découvrir à travers ces deux départements qui regroupent une bonne centaine de personnes. Et je suis sûre que lors de ce stage où je travaillerai avec chaque sous-équipe, que se soit en graphisme, en illustration, en peinture, en enssembliage etc… je réussirai à tirer une expérience positive et developper des compétences qu’il s’agisse d’hard skills ou soft skills.