Ah, vous ne faites pas que des films ?

*La réponse est « non », vous vous en doutez bien. Anyway.

Cette première partie de stage se termine dans une bonne ambiance. Le quotidien s’est installé, et j’ai pu enchaîner plusieurs missions qui m’ont permis de progresser concrètement.

J’ai d’abord finalisé les interviews pour IXIO dont je parlais la dernière fois : les cinq vidéos ont été validées par le client sans aucune retouche, ce qui a permis de clôturer le projet de manière très fluide. Cette mission m’a permis de travailler mes compétences en montage et de gagner en vitesse de production.

On m’a ensuite confié de la post-prod photo pour Nissan, suite à un shoot produit réalisé par l’agence il y a quelque temps : changer la couleur d’une voiture sur plusieurs visuels, retoucher des jantes, ajouter un pneu, supprimer un pneu, isoler une roue, et blablabla… une multitude de petites retouches en tout genre. MAIS, j’ai pu tout livrer rapidement, et l’équipe a été surprise par la qualité et la rapidité du rendu.

* Sans doute le fruit de la formation DNMADE (gros clin d’oeil) à travailler dans des délais courts (ou simplement ma manière de faire les choses au dernier moment, mais ça reste à méditer qui sait).

En parallèle, j’ai continué à travailler quotidiennement sur Promptolog, le média dédié à l’IA et à l’innovation de l’agence. Mes compétences en communication se sont révélées particulièrement utiles : j’ai compris la mécanique pour percer sur TikTok (poster le plus possible, beaucoup, quand je dis beaucoup c’est vraiment beaucoup) et comment générer de l’engagement (aborder des sujets qui divisent, justement l’IA en est un parfait exemple, puisqu’il permet à tout le monde de participer au débat). C’est une expérience très positive : je comprends de mieux en mieux le fonctionnement des réseaux, je me tiens informée sur l’actualité IA, et je dois produire un contenu qui éduque, informe et questionne. L’objectif du média n’est pas de promouvoir l’IA, mais d’informer le public de manière qualitative et NEUTRE et c’est justement cette neutralité qui suscite le débat, ce qui est très intéressant d’un point de vue sociologique. On ne communique pas ici, mais on INFORME (j’ai appris récemment qu’il y a une cruciale différence entre les deux).

Pour parler design (deuxième clin d’oeil), j’ai pu retravailler l’identité graphique globale du média : cohérence visuelle des posts, et création de templates pour les Reels et TikToks (réalisés sur After Effects), qui me permettent désormais de produire du contenu quotidiennement sans effort excessif et de garder un feed clean.

Raphaël Charton, le directeur de l’agence (the BigBoss mais c’est un mec cool), a visiblement remarqué que mon travail allait au-delà de simples micro-missions, ce qui a du le convaincre est le temps rapide de production, la qualité graphique et les retours des clients comme du public. D’ailleurs, je vais bientôt avoir… une stagiaire !????? Rapha a pris en stage une fille d’un ami à lui pour m’aider sur la recherche de contenu et la rédaction d’articles et de posts. Stagiaire avec assistante pendant trois semaines, qui l’aurait cru (marrant en vrai non ?).

Et c’est que les choses prennent une autre dimension. Il y a environ une semaine, autour d’un café matinal, Rapha m’annonce que Nissan a envoyé un brief pour un film à produire début septembre (un appel d’offres que l’agence remporte généralement) et me demande si je serais motivée pour réfléchir au concept et à l’idée créative ? Évidemment que oui ! Je ne savais pas encore que ce n’était que le début d’une implication encore plus grande dans la vie de l’agence.

Mais avant de vous raconter la suite de ce projet Nissan (qu’on a mis un peu de côté pour l’instant, le temps de réfléchir collectivement) et d’en venir la où je veux, il me manque encore un élément de contexte important.

Durant mon stage, Raphaël a recruté Olga, qui s’occupe désormais du développement business et de l’acquisition de clients (elle vient plutôt du monde de la communication, ayant notamment travaillé chez Havas). On s’est tout de suite très bien entendues, elle est ukrainienne, donc on peut aussi parler russe ensemble, ce qui amuse beaucoup toute l’agence.

Mais pourquoi ce recrutement ? Parce que l’agence fait face à de nouveaux enjeux. Depuis vingt ans, elle est positionnée comme une boîte de production reconnue, réalisant des films de qualité, avec une vraie dimension stratégique mais peu de clients en ont conscience. Écouter Raphaël parler, ça me fascine, on comprend rapidement qu’il n’est pas seulement un créatif passionné, mais un véritable stratège et homme d’affaires réaliste : il sait faire évoluer les idées, proposer des alternatives directement quand quelque chose ne fonctionne pas, rester réaliste sur les budgets, convaincre, etc…

Le problème, c’est que le paysage créatif actuel évolue vite, fin c’est ce que j’ai remarqué. De nouvelles agences plus jeunes émergent, avec beaucoup de matériel, d’idées, et une production de contenu plus dynamique sur les réseaux. Les clients sont attirés par cette nouveauté, cette agilité, même si la qualité ou la réputation sont parfois moindres comparées à une agence avec vingt ans d’expérience. Raphaël remarque que l’agence perd progressivement du terrain face à ces nouvelles structures, non pas par manque de qualité, mais parce que les codes de communication et de visibilité ont changé.

C’est là qu’interviennent de nouvelles questions et enjeux : quelle est la place d’une agence réputée sur ce marché aujourd’hui ? Comment la repositionner ? Pourquoi une agence crédible peut-elle perdre des clients avec le temps, malgré son expérience ? Qu’est-ce qui attire les clients vers de nouvelles agences ? Alalalalala, les questions de l’importance du positionnement qu’on entend depuis deux ans au DNMADE, ils sont super actuels en fait. C’exactement le travail qu’Olga a entamé : repositionner l’agence non plus comme une simple boîte de production, mais comme une agence créative apportant une stratégie de marque en plus du savoir-faire de production.

Et c’est dans ce contexte que Rapha m’a impliquée : le site web fait partie de cette refonte, car certains éléments ne correspondent plus à l’image que l’agence souhaite désormais véhiculer. Sans qu’on me demande de le refaire entièrement (un peu mais pas trop), je participe à la réflexion collective sur ce qu’il faut garder, ce qu’il faut faire évoluer, et comment mettre en valeur (graphiquement et pas que) les qualités de l’agence, des qualités qui existent bel et bien depuis longtemps, mais que sa position historique dominante ne l’avait jamais vraiment poussée à mettre en avant. Or aujourd’hui, dans un flux de contenu qui circule en permanence, cette absence de visibilité devient un désavantage. Malgré le nom et les qualités vendeurs de Rapha !

C’est exactement le nœud de ma mission actuelle, et c’est une vraie question stratégique : repositionner une agence, ce n’est pas juste la rendre « plus jolie » ou « plus visible » sur les réseaux, c’est redéfinir qui elle veut attirer, et donc ce qu’elle doit montrer, où, et comment.

Le risque, si on continue dans la même direction, c’est de continuer à parler le même langage (boîte de production solide, films de qualité, vingt ans d’expérience) à la même cible que celle qui s’oriente déjà vers des agences plus jeunes et plus visibles. Le repositionnement sert justement à SORTIR de ce terrain-là, pour se déplacer vers un terrain où l’agence a un avantage que les autres n’ont pas : l’expérience stratégique, la capacité à penser un projet dans sa globalité, pas seulement produire un beau film, mais réfléchir à pourquoi ce film, pour qui, et avec quel objectif.

La question évolue vers : quelle cible valorise justement cette dimension-là ? Probablement pas les clients qui cherchent uniquement « quelque chose qui a l’air actif sur Instagram », ceux-là continueront de se tourner vers des agences plus légères. La cible plus pertinente, c’est sans doute des marques qui ont des enjeux de fond ou qui ont déjà été déçues par des collaborations avec des agences « tendance » mais peu structurées.

Il s’agit moins de « ramer dans le même domaine » que de trouver, via le site et les autres moyens de communication de l’agence, comment faire atterrir cette dimension stratégique auprès de la bonne cible, celle qui cherche justement ce que cette agence sait faire depuis longtemps, mais qu’elle n’a jamais eu besoin de mettre en avant.

Pour finir, tout ça, c’est en réalité très récent, la mission n’a démarré qu’il y a deux semaines à peine. Ce qui me marque, c’est la confiance qu’on m’accorde sur un sujet aussi stratégique pour l’agence, alors que je suis encore stagiaire. Je pense que mon regard un peu plus jeune, justement parce que je suis moins ancrée dans vingt ans d’histoire et de codes établis, peut apporter quelque chose d’utile à cette réflexion, comme un œil différent sur la manière dont l’agence est perçue aujourd’hui, et sur ce qui pourrait la faire évoluer. À suivre.

Bref, j’ai dirigé la communication d’un événement

Rebonjour. On est à la moitié du stage… Alors si on papotait un peu de ce que j’ai fais ces dernières semaines ?

Le projet sur lequel j’ai le plus appris depuis le début de mon stage, il est pour un client un peu particulier : Sharing eux-mêmes ! Plus précisément, c’est pour le groupe PH7 auquel l’agence appartient. On m’a nommée leader de la communication pour un événement organisé par le groupe : Catch Me If You Can, un rendez-vous pour mieux comprendre la génération Z. L’événement aura lieu le 24 juin à Paris, avec des tables rondes, des ateliers et un cocktail. L’idée c’est de montrer que PH7 s’intéresse vraiment aux enjeux de cette génération qui redéfinit le rapport au travail, à la consommation et à la société.

Ce qui m’a frappée, c’est à quel point le positionnement de la marque est au cœur de tout. L’événement ne s’adresse pas directement à la Gen Z, mais il doit montrer que PH7 comprend ses codes, qu’il est capable de parler son langage et donc de s’y adapter. Toute la réflexion que j’ai menée sur la communication de l’événement tournait autour de ça : comment faire sentir que PH7 est polyvalent et moderne (sans tomber dans le cliché) ?

Là j’ai expérimenter le  “travailler l’image d’une marque”. Par exemple, pour présenter les intervenants en un post, on aurait pu faire quelque chose de classique, mais ça n’aurait pas collé à l’univers de l’event. Alors, l’idée est venue d’un format plus ludique : des cartes Pokémon personnalisées, adaptées à la charte graphique de PH7. C’était une façon de parler à un public aux références pop culture et tout en respectant l’univers du groupe ( à travers les couleurs et des motifs ). Et surtout, ça permettait de se démarquer clairement des autres communications d’agences.

Cartes Pokémon pour l’event « Catch me if you can » de ph7.

J’ai aussi réaliser des Reels. J’ai pris le lead : j’ai imaginé les concepts, ramené les personnes à interviewer, réalisé le tournage, monté les vidéos, et réaliser les animations. Ça m’a permis de progresser techniquement (surtout en montage), mais aussi de mieux comprendre comment un contenu peut servir un message. Par exemple, dans le premier Reel que j’ai réalisé, je comparait les réactions d’une personne de la Gen Z et d’une personne plus âgée à des mots liés au travail, comme “intelligence artificielle”. L’objectif était de montrer avec humour, les différences de perception entre générations et comment cet écarts peut influencer la manière de communiquer.

Extrait du réel « LA GEN Z VS LE MONDE » et visuel clef de l’event

Évidemment j’ai eu besoin de retours, et heureusement Olivia était là. Elle m’a aidée à mieux doser le rythme, à éviter les longueurs, à ne pas trop m’éparpiller. Grâce à ses remarques, j’ai appris à être plus claire dans mes intentions, à toujours garder en tête le fil conducteur. Ce projet m’a permis de vraiment réfléchir en termes de stratégie de com’, pas juste de création visuelle.

Il fallait à la fois séduire, informer et intriguer, tout en restant fidèle à l’univers PH7 => chaque mot et choix graphique est une prise de position.

Ce que je retiens de cette expérience, c’est aussi la confiance qu’on m’a donnée. On m’a laissé proposer, tester (beaucoup d’impovisation), rater, ajuster (je deviens minutieuse !!)… Et en même temps, j’étais toujours accompagnée. C’était un bon équilibre entre l’autonomie et le soutien.

La suite dans le prochains épisode…

Créer c’est aussi savoir communiquer

Mon premier stage, que j’ai effectué avec Giovanni Ambrosio, touche déjà à sa fin. Ce fut une expérience riche et passionnante. J’ai eu l’opportunité de travailler sur ce que j’aime vraiment : la création de sites web et même quelques projets autour de la photographie. J’ai également voyagé en Italie, ce qui m’a permis de découvrir les différences entre deux mentalités professionnelles.

Cependant, cette note d’étonnement portera sur un aspect qui m’a accompagnée tout au long de ces deux mois de stage, et que Giovanni m’avait déjà mentionné lors de notre entretien : la communication.

Dans ce contexte, la communication ne se limite pas à un simple échange d’informations. Elle consiste à comprendre, à travers le dialogue avec le client, quel type de message il souhaite transmettre, quelle image il veut véhiculer et comment adapter la forme à ses objectifs. Autrement dit, avant de concevoir un produit visuel, il faut savoir écouter, poser les bonnes questions, puis guider le client vers des choix cohérents et réalisables. Car beaucoup espèrent un site ou une affiche à la fois beau, peu coûteux et immédiatement rentable. 

BD : communication avec le client

Mais le designer n’est pas un magicien. Il faut souvent passer des heures à déconstruire leurs attentes pour identifier ce qui est réellement essentiel, ce qui est techniquement faisable, et ce qui est cohérent avec leurs moyens.

Autrement dit, la première étape du travail sera toujours le dialogue. Ce qui m’a surprise, c’est que la deuxième étape est en réalité… la stratégie de communication. Avant même de penser au design visuel, il faut expliquer comment celui-ci servira à transmettre le bon message au bon public. Ainsi, le designer devient aussi communicant, marketeur, voire community manager. La question qui revient souvent de la part des clients est : « Combien de clients ce site ou cette affiche va-t-il m’apporter ? »

Cela peut sembler éloigné du cœur du métier, mais c’est en réalité très logique : le design n’existe jamais pour lui-même. Il a une fonction, souvent commerciale. Mais je savais pas qu’il fallait aller aussi loin dans l’analyse, l’argumentation et la pédagogie.

Et bien sûr, si tu travailles en freelance comme le fait Giovanni, tu n’auras pas autour de toi un marketeur, un analyste, un designer UX ou un community manager. Il faut assumer tous ces rôles soi-même et devenir un professionnel polyvalent pour rester compétitif sur le marché.

En fin de compte, j’ai compris que pour beaucoup de clients, la façon dont son produit est communiqué compte parfois plus que le design réfléchi, esthétique et harmonieux. C’est un peu frustrant, car les personnes extérieures au monde du design ne réalisent pas que ce n’est pas censé être la mission première d’un graphiste ou d’un web designer. Mais si on veut travailler aujourd’hui et rester demandé, il faut savoir s’adapter…

En résumé, ce stage m’a permis de découvrir l’envers du décor du métier de designer : un équilibre entre créativité et stratégie de communication.