Question d’équilibre

Après ces quelques mois passés en stage aux côtés de ma tutrice de stage Claire, je réalise un autre rythme, qui me questionne. Il laisse à la fois le temps de quitter le travail mais empiète sur le temps personnel, à quel point doit-on —si l’on doit— diviser le pro du perso, surtout si l’on est dans le même cas que Claire, à son compte en menant un projet qui nous guide sur tous les plans de notre vie, étant purement lié à nos expériences passées et ressenties ?

Représentation de l’équilibre pro / perso avec les lettres du jeu développé par ma tutrice de stage.

D’un côté, l’idée de fusionner ces deux domaines peut être perçu comme étant une solution convenable dans laquelle le travail n’est plus une contrainte mais notre vie, on gagne alors en liberté : celle de choisir quand, où et comment on travaille avec beaucoup de flexibilité bien qu’il y ait tout de même des obligations. D’un autre côté le manque de limite claire risque de mener à un stress permanent où l’on ressent la culpabilité de faire des pauses, d’arrêter… et puis il faut rester motivé pour les bonnes raisons, pas seulement pour avoir de quoi vivre, voire survivre : c’est plutôt une nécessité qu’une raison, et je ne pense pas qu’elle devrait être la motivation de base, cette nécessité n’est pas une volonté et ne dépend pas de nous bien qu’elle puisse devenir omniprésente.

Et ce que je trouve justement intéressant dans le parcours de Claire, c’est qu’elle porte son projet selon son expérience personnelle, en cherchant à proposer ce qui lui a manqué. Lier son histoire personnelle à son projet de cette manière peut être une bonne motivation selon moi puisque l’on est directement impacté par son vécu et dans une posture sincère avec un réel apport à offrir : faire pour les autres ce que l’on estime important, aidant.

Ce que je retiens de cette posture, c’est qu’il faut oser se fixer des objectifs hauts et y croire profondément. C’est un discours assez productiviste mais qui semble fonctionner pour Claire dans ses débuts en lui apportant pas mal d’opportunités et qui permet de maintenir sa motivation en explorant différentes voies pour arriver à ses fins. 

Pour affronter ce qu’elle reproche justement à l’état actuel de l’accompagnement des enfants et des personnes en général, en rapport avec son projet, elle mise sur son art oratoire et son « sans prise de tête » que l’on pourrait qualifier d’optimisme pour obtenir ce qu’elle souhaite : la communication avec les autres est un point important de son parcours.

Je pensais déjà que d’établir une communauté avec les autres personnes, celles que l’on rencontre dans notre quotidien était important mais je me l’imaginais plutôt comme un plan pour l’avenir et pas tout de suite tout le temps, et ce rapport qu’a Claire avec les relations sociales même des plus courantes se retranscrit également dans son quotidien à travers la construction de relations en apprenant à connaître ceux qui l’entourent, ne serait-ce que pour le simple apport de la joie chez eux.

Je pense que c’est une marche à suivre, bien que cet optimisme constant porté sur le « voir en grand » ne puisse pas toujours être la préoccupation centrale de chacun. C’est tout de même un parcours que j’ai appris à connaître et qui me motive pour la suite du mien notamment sur ce rapport avec les autres aussi bien pour le pro que pour le perso qui resteront je pense bien distincts pour moi.

Servir notre objectif par la pratique du graphisme

Ce début de stage me permet de voir le monde professionnel de la création, et aux côtés de ma maîtresse de stage d’envisager différemment les perspectives d’avenir pour mener à bien son projet. En effet, il est assez intéressant de voir son travail et la façon dont elle s’investit pleinement dans son projet.

Pour le moment en ces débuts de stage en l’attente de la réfection du local, nous sommes en télétravail certains jours en relation fréquente avec ma maîtresse de stage par messages et visios, tandis que d’autres jours nous nous retrouvons dans des espaces de coworking plutôt sympathiques.


J’ai eu l’occasion de travailler sur différents morceaux de projets, notamment sur un poster pour une goodies box encore en cours de conception, et plus récemment depuis une semaine environ sur le lancement de l’interface utilisateur de l’application mobile. Un nouveau site web est en cours d’acheminement, et l’idée était de déployer le concept sur tous supports en apportant quelques fonctionnalités exclusives à l’app, avant tout pensée pour les enfants contrairement au site qui est plutôt à l’intention des parents.
Ce projet est long et ce n’est pas terminé, mais il me plaît, je travaille sur Figma et c’est vraiment agréable de ressentir l’avancée du projet et de voir l’application se former.

Nous ayant fait part de son expérience et de la façon dont on peut atteindre ses objectifs idéaux, notamment par le biais de notre pratique du graphisme en mettant nos compétences au service d’un projet qui justement nous permettra d’atteindre cet objectif même.
De son côté cela se traduit par sa détermination à proposer ce qui lui a manqué durant son enfance : la mise en confiance, l’accompagnement et la fierté de soi pour bien grandir.

C’est aussi ça qui est enrichissant, de pouvoir suivre son parcours professionnel, d’observer les défis qu’elle rencontre en tant qu’indépendante et de voir dans quel cas elle a besoin de faire appel à des experts, notamment pour la réalisation de tâches complexes telles que le développement web de son site internet, ou application mobile sur laquelle je travaille l’interface.
Étant donné qu’elle a créé son entreprise récemment, on voit bien toute l’ambition qu’elle y met pour faire perdurer son projet. Porté sur le développement des enfants, il est en pleine construction, et c’est super de pouvoir suivre les premières étapes d’un projet aussi ambitieux et de voir comment elle s’adapte tout en étant motivée.

Pour le moment ce stage me permet non seulement de pratiquer au service d’une personne, ce dont nous n’avons pas tellement l’habitude en études, mais également de me poser des questions sur l’usage qu’on peut faire de notre pratique du graphisme.