Mi-stage, Salomé est partie — sache que tu me manques ☹️. Cintia l’a remplacée, elle aussi étudiante en journalisme à Paris Nanterre, mais on fait nos reportages chacun de notre côté.
Je me suis donc retrouvé à aller aux vernissages et à écrire les articles seul.

pendant le rédation de l’article du livre « Graphisme en France n°32 – Livre(s) »
Écrire n’est pas ce qui me passionne le plus. Pour ma première note d’étonnement, j’ai d’ailleurs beaucoup joué avec les outils que WordPress m’offrait ;
-mises en page – les giffs – dynamisme de lalecture.
Pour compenser, ou peut-être pour orienter l’expérience du lecteur vers quelque chose qui m’amuse plus. Sans vraiment m’en rendre compte, je faisais déjà un choix éditorial.
Ce stage m’a mis face à l’écriture, que ça me plaise ou non. Et c’est justement dans ce milieu que j’ai commencé à réaliser que ce qu’on écrit et ce qu’on choisit de ne pas écrire n’est jamais vraiment neutre.
La règle non-écrite
Pour chaque repportage faut écrire un article et Alexia m’a expliqué quelque chose de simple : même un événement qui ne t’emballe pas, à toujours un angle d’attaque. Il suffit juste de le trouver.
Mais il y a aussi une règle non-écrite qu’elle ma précisé : si vraiment un événement ne mérite pas un article positif, il vaut mieux ne rien écrire du tout. La réputation du média est en jeu. Le journalisme culturel ne fonctionne pas comme le journalisme d’enquête ou politique, il repose sur l’accès :
les invitations,
les accréditations,
les voyages de presse.
Critiquer franco une institution, c’est risquer de se couper d’elle, et de perdre cet accès. Ce n’est pas de la censure, mais une réalité du métier qui influence ce qui est mis en avant ou non.
Un milieu qui se regarde entre soi

Stories de Great pendant les vernissages de presse
D’une exposition à l’autre ;
– Fluctuart
– les Arts Déco
– le Quai Branly
– le Grand Palais
– le musée Guimet
– La Piscine de Roubaix.
J’ai remarqué qu’on croise souvent les mêmes personnes. Les mêmes journalistes, les mêmes attachés de presse, les mêmes figures du milieu. Rencontrer Fabrice Bousteau, rédacteur en chef de Beaux Arts Magazine, lors d’un vernissage de presse pour Leandro Erlich au Grand Palais, m’a marqué :
c’est quelqu’un qui fait ça depuis des décennies, qui connaît tout le monde dans le milieu. Ce n’est pas négatif ça crée des échanges riches, une vraie connaissance du secteur.
En y réfléchissant, c’est assez logique : si tu écris positivement sur une institution, tu seras rappelé pour les prochaines expositions. Ceux qui ont été trop critiques, eux, ne reçoivent plus les invitations. C’est peut-être pour ça qu’on finit par croiser toujours les mêmes têtes.
Et ça m’amène à me poser une question :
est-ce qu’on peut vraiment être critique quand tout le monde se connaît ?
La précision contre le générique
Alexia m’a mis en garde contre ChatGPT pas pour des raisons morales, mais parce que c’est trop générique, pas assez précis. Sur le moment j’ai trouvé ça anecdotique, mais en y repensant c’est peut-être le conseil le plus important qu’elle m’ait donné. Ce qui fait la valeur d’un article culturel c’est exactement ce que l’outil rate : le mot juste, la sensation restituée, une vrai émotion sincère.
Et puis il y a une question plus simple : si personne ne le lit, à quoi ça sert ?
Un article qui donne envie d’être lu, c’est aussi ce qui fait vivre le média. Et c’est ce qui fait la différence entre un vrai article et un simple communiqué de presse réécrit.

Je me suis amusée à prendre en photo les journalistes pendant les événements.
Sans les médias, les expositions existent-elles vraiment ?
Ce qui réunit ces institutions culturelle, Malgré leurs univers différents, toutes partagent un même besoin : être vues et racontées.
Une exposition peut être remarquable, mais sans articles, publications ou relais médiatiques, elle risque de passer à la trape.
C’est peut-être ça la vraie fonction des médias culturels : pas juste parler de la culture, mais lui permettre d’exister aux yeux du public.