Actuellement, je travaille sur le rebranding de Lena Karelova, photographe de mariage. Sur ce projet, j’ai eu l’occasion de concevoir l’ensemble de l’identité visuelle : le logo, les monogrammes, le choix des typographies ainsi que le design du site web. J’ai été accompagné par Mercy Guzman, ma maître de stage, tout au long du projet, mais avec une grande liberté dans la création et les choix graphiques.

Ce projet m’a fait réfléchir à la manière dont je perçois mon propre travail. Avant de commencer, j’étais convaincu que ce que j’allais proposer servirait surtout de première base, puis serait retravaillé ou corrigé. Finalement, à ma grande surprise, ce que j’ai réalisées ont été validées et vont être utilisées officiellement.
C’est quelque chose qui m’a marqué, parce que cela m’a fait prendre conscience que en tant que créatif, on a souvent tendance à ne voir que ce qui pourrait être amélioré. J’avais l’impression que mes expérimentations n’étaient jamais totalement aboutis, que mes fichiers Illustrator n’étaient jamais assez propres ou que je pouvais toujours pousser le concept un peu plus loin. Pourtant, je n’ai reçu aucun retour négatif sur ces aspects. Au contraire, mon travail a été apprécié et valorisé.
Ca m’a fait remettre en question l’idée que je me faisais de la qualité d’un projet. J’ai réalisé qu’un logo ou une identité visuelle seront probablement jamais parfaits aux yeux de celui qui les créer. On peut toujours modifier des choses, tester autre chose. Mais à vouloir atteindre quelque chose d’irréprochable, on risque parfois de ne jamais considérer son travail comme terminé.
Je pense que par les études j’ai souvent eu l’impression qu’il fallait constamment faire plus, aller plus loin et être capable de justifier chaque détail. Bien sûr, c’est important et ça m’a permis de progresser. Mais aujourd’hui, ce projet me montre aussi qu’il faut savoir reconnaître la valeur de ce que l’on produit et avoir confiance dans ses choix.
J’ai également compris que le résultat d’un projet est toujours lié au temps. Dans un monde idéal, on pourrait passer des semaines supplémentaires à explorer d’autres directions. Mais dans la réalité, il faut aussi savoir avancer. Si une création répond aux besoins, traduit correctement l’univers de la marque et fonctionne pour le client, alors elle remplit déjà son rôle.
Enfin, ce projet m’a fait réaliser que le client ne regarde pas une création avec les mêmes yeux qu’un graphiste ou qu’un DA. Là où nous allons voir les détails, le client va surtout retenir une impression globale. Ca ne veut pas dire qu’il faut être moins exigeant, mais plutôt qu’il faut apprendre à prendre du recul sur son propre travail.
Aujourd’hui, j’ai gagné en confiance. Je continue à vouloir progresser et à chercher comment faire mieux, mais je comprends maintenant qu’il est rare d’être convaincu à 100 % par son propre travail. Et ce n’est pas forcément un problème. J’apprends peu à peu qu’un bon projet n’est pas un projet parfait, mais un projet qui répond à son objectif et qui réussit à créer de la valeur pour le client.