L’éthique face au temps

Aujourd’hui, je comprends un peu plus instinctivement ce qu’Alex validerait ou non. En même temps, c’est l’un des deux CEO de The Sanctuary Group : la personne qui a toujours le dernier mot..


À force de produire, j’ai commencé à remarquer quelque chose que je n’aurais pas vu en semaine 1 : nos créations finissent parfois par se ressembler. Pas par manque d’envie, mais pour plein de facteurs différents. Le plus évident est que la banque photo disponible est aujourd’hui limitée en termes de droits d’auteur et commence aussi à dater.


Ce qui m’a surpris, c’est qu’ici, contrairement à mon ancien stage où nous faisions un shooting spécifique en début de semaine pour travailler dessus, ici nous avons un drive qui centralise tous les shootings réalisés au fil des années. D’un côté, cela résout énormément de problèmes puisqu’on a toujours de la matière à disposition. Mais de l’autre, cela en crée aussi.


Les mêmes photos que l’on pouvait utiliser une semaine précédente ne sont parfois plus dans nos droits la semaine suivante. Certaines licences expirent, certaines utilisations changent, et cela réduit progressivement les possibilités.


Une solution « miracle » a donc été mise en place depuis peu : changer les visages individuellement à l’aide de l’IA. Ce principe étrange est pour la croissance de l’entreprise, apparemment la meilleure des solutions.


Pour un ou deux visuels, il est vrai que ça dépanne….

Ici, seul le visage a été remplacé ; NanoBanana s’est basé sur l’un de nos shoots.


Cependant, la charge de travail qui semblait devoir être allégée est en réalité tout le contraire. Depuis que nous sommes équipés d’outils d’IA, les deux CEO ont parfois l’impression que nous pouvons tout déléguer : création de templates, modifications à grande échelle sur plusieurs marques, automatisations diverses…

Alexandre et ses merveilleux conseils ✨


Hélas, non.


L’IA permet certaines choses, mais elle demande aussi du contrôle, des corrections, des ajustements, et parfois même davantage de temps que prévu.

Ici, cette coach est à l’origine, un homme transformé, grâce à l’ia.

« Je rigole qu’à moitié » est d’ailleurs le parfait exemple d’une simple erreur d’inadvertance qui peut rapidement se transformer en malaise ou en incompréhension pour un coach.

Je je vous laisse imaginer le lendemain la séance de sport avec le coach..


Le dilemme devient alors assez clair : vaut-il mieux respecter l’intégrité des coachs et utiliser leurs photos sans modification, malgré les problèmes de droits ? Ou utiliser l’IA pour supprimer toute possibilité d’identification ?


Cette question m’avait déjà interpellé dès mes premiers jours concernant l’utilisation de l’IA dans l’entreprise. On m’avait expliqué qu’elle était déjà fortement utilisée pour certaines automatisations, notamment au service client, ce qui me semblait assez logique.

Mais au sein de l’équipe créative, j’étais plus réticente. Je ne voyais pas vraiment dans quel contexte l’utiliser tout en conservant cette image de marque premium et prestigieuse que l’on cherche constamment à défendre.

Avant même la question de la qualité graphique, c’est surtout une question éthique qui s’est posée.

L’entreprise communique beaucoup sur des valeurs d’honnêteté, de bien-être et de durabilité. Pourtant, dans le cas présent, la décision semble avant tout motivée par l’efficacité et la pérennisation de certains visuels. À la demande d’Alexandre, cette solution est envisagée pour prolonger la durée de vie de certains contenus. Mais il me semble qu’aucune réflexion éthique n’a réellement accompagné cette décision.


Et c’est précisément là qu’arrive une autre pression : celle de Renaud, le CEO.


Ses demandes évoluent. Il veut que les offres se démarquent davantage, que les visuels accrochent plus, que la créativité monte d’un cran. Le marché du sport-bien-être premium est saturé et chaque campagne doit réussir à sortir du lot.

Sauf que la frontière reste claire : innover, oui, mais sans s’éloigner de la direction artistique habituelle.

Malgré ces interrogations, certaines utilisations de l’IA m’ont aussi convaincu.

Quand tous les outils sont à disposition, il devient plus facile de créer rapidement certaines images difficiles à produire autrement. C’est notamment le cas d’un visuel mettant en scène plusieurs gourdes de la marque dans un environnement studio destiné à l’impression.

Avant de passer par l’IA, nous avions tenté différentes solutions directement sur Illustrator. Les résultats n’étaient pas vraiment concluants.


C’est à partir de là que l’on m’a confié la mission de générer ce visuel avec l’IA. Une première pour moi. Le défi était d’obtenir un rendu réaliste, propre, cohérent avec l’univers premium de la marque et suffisamment qualitatif pour être publié.

Les six gourdes de l’entreprise recréée à partir de l’ia


Pour le coup, le résultat était convaincant.

En conclusion, je reste toujours aussi perplexe et rempli de questions face à l’utilisation de l’IA au sein d’une équipe créa. Et je pense que cela continuera avec son évolution.

L’éthique vs le gain de temps est un dilemme que beaucoup d’entreprises semblent aujourd’hui explorer, parfois sans vraiment savoir où placer les limites.

Finalement, est-ce que ce n’est pas simplement le résultat qui compte davantage que la démarche ???

Le couteau suisse de l’agence

Cette note marque la fin de ma première semaine de stage. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je dois souligner quelque chose d’emblée : mon intégration s’est faite très rapidement. J’ai envoyé un mail, reçu une réponse en moins d’une heure, et le lendemain j’avais un entretien qui s’est avéré concluant. C’est à la fois surprenant et flatteur et cette confiance accordée dès le départ, je l’ai ressentie tout au long de la semaine.

L’élément déclencheur

Pour vous présenter rapidement le contexte, Elle est Belle est une agence de communication et de production située dans le Marais. Elle est spécialisée dans le travail avec des marques. J’ai postulé en tant qu’assistante à la production, mais je me retrouve finalement positionnée sur toutes sortes de missions, ce qui correspond exactement à ce que je souhaitais, et m’en réjouis.

Sur le plan des projets, j’ai été directement impliquée sur deux missions bien distinctes par Raphaël, mon maître de stage et gérant de l’agence. La première concerne la société IXIO, qui cherche à développer sa communication sur différents supports. L’agence a produit du contenu visuel pour eux, notamment des interviews avec différents collaborateurs de l’entreprise, montées dans un format inspiré de Konbini. J’ai utilisé After Effects pour créer des cartels en motion design, en respectant la charte graphique de l’entreprise, et j’ai participé à la préparation des questions d’interview. Puis sur Premiere, j’ai également commencé le dérushage et le montage, tout en attendant les retours du client sur la première vidéo réalisée par le monteur de l’agence. Cinq interviews restent encore à préparer. C’est un projet qui m’a donné une bonne vision du flux de production : le rythme, les attentes, et tout le chemin de la conception jusqu’à la validation client.

La seconde mission touche à Promptolog, un média informationnel lancé par l’agence, dédié à l’actualité de l’IA et présent sur Instagram, TikTok et sur le web. Ce qui m’a intéressée ici, c’est le positionnement stratégique derrière ce projet : l’agence ne se revendique pas comme spécialisée en IA, mais maîtriser ces outils est perçu comme un vrai différenciateur auprès de ses clients. Promptolog est donc à la fois une veille et une vitrine. J’ai constaté que la visibilité des contenus était encore limitée, et après un appel avec la personne qui s’en occupait avant moi, j’ai commencé à retravailler la direction artistique pour rendre les publications plus attractives et visuellement cohérentes. Mon objectif serait de créer une identité visuelle propre au média, je veux un feed identifiable, qui donne envie de s’abonner. Cette mission m’a aussi amenée à me poser une question de fond : qu’est-ce qui rend un média vraiment attractif ? J’ai essayé de faire le lien avec ma prépa pour le CELSA, en mobilisant quelques concepts de sociologie des médias pour nourrir ma réflexion.

Planches Figma montrant mes recherches graphiques pour le média

Il serait honnêtement trop tôt pour tirer des conclusions définitives après seulement quatre jours et deux projets. Ma posture cette semaine a surtout été celle de l’observation et de l’adaptation rapide. Ce qui me reste en tête, c’est cette impression d’avoir été embarquée à pleine vitesse, ce qui, finalement, est sans doute la meilleure façon d’apprendre. J’ai également eu une discussion franche avec mon tuteur, qui m’a confié être surpris par mon niveau en deuxième année et par la polyvalence des domaines et des outils que je maîtrise. Je l’admets, je suis ressortie de cet échange un peu flattée !