Mon stage est principalement en distanciel. Parfois je brunch avec ma tutrice, parfois on participe à des événements liés au design (mon carnet d’adresses se remplit petit à petit hihi ), et parfois on s’appelle tout simplement. Mais globalement, je suis en autonomie.

Avant de commencer mon stage, cette notion me faisait peur. Vais-je être correctement encadrée ? Vais-je vraiment comprendre les attendus ? Est-ce que je vais réussir à m’investir sans avoir quelqu’un qui me « surveille » ?
Je pensais, comme beaucoup, qu’un « vrai » stage c’était forcément un bureau, une équipe autour de soi tous les jours. Le distanciel, ça me semblait presque être une version bas de gamme de l’expérience.

Puis finalement, je suis agréablement surprise. Le mode autonome me correspond très bien. En vrai j’ai toujours eu du mal à m’imposer des choses, y compris des horaires. Ça m’a permis de mieux comprendre comment je fonctionne. J’aime être « libre » de mes horaires et pouvoir travailler comme je le veux. Je me suis rendu compte que je travaille mieux sur des sessions courtes mais intenses, plutôt que toute une journée sans vraiment être efficace. Avec le distanciel, je peux choisir dans la journée comment je m’organise. Et j’aime vraiment fonctionner comme ça, m’écouter, écouter ma stimulation, ma motivation, mon inspiration, même si bien sur, parfois il faut se faire un peu violence, mais au final les résultats de mon travail sont bien meilleurs, il est félicité à longueur de temps.

Ça m’amène à me poser des questions plus larges sur notre rapport au travail. Est-ce qu’on a vraiment besoin d’un cadre horaire hyper rigide pour être productifs ? Le présentiel obligatoire, c’est pas parfois plus une question de contrôle que d’efficacité réelle ? Je pense que la confiance qu’on accorde à quelqu’un, stagiaire ou pas, ça peut être un moteur plus fort que la surveillance.
L’avantage ici c’est que mon seul « ennemi » c’est moi-même, et ça me pousse à mieux produire. Mais il faut être objective, et pas non plus idéaliser le distanciel comme LA solution. Si ça fonctionne dans mon cas, c’est grâce au contexte de mon stage grâce à ma maître de stage. Elle me fait vraiment confiance, elle est très satisfaite de mon travail, et on s’entend très très bien. Ça rend le contact entre nous décontracté, et sa confiance vient du fait qu’elle a vu mon sérieux depuis le début.

Dans d’autres circonstances, avec un encadrement moins bienveillant ou une relation différente, j’aurais très bien pu subir cette autonomie plutôt que d’en profiter. Sans confiance mutuelle et sans communication régulière, le distanciel peut vite tourner à l’isolement, voire à l’incompréhension de ce qu’on attend.
Après je me pose quand même la question dans l’autre sens : qu’est-ce qu’on perd à pas être physiquement dans une équipe ? Je pense notamment à tout ce qu’on apprend juste dans l’environnement : observer comment les collègue travaillent, écouter des discussions, sentir l’ambiance d’un studio. Ça, le distanciel ne me l’a pas permis.

J’aurais aimé voir concrètement comment fonctionne un studio de direction artistique au quotidien, avec les réunions d’équipe, toute cette dynamique de groupe. C’est une expérience que ce stage ne m’a pas donnée, et que je garde en tête pour la suite.
Ce que je retiens surtout de cette expérience du distanciel, c’est que je fonctionne beaucoup mieux dans un cadre basé sur la confiance et la responsabilisation, plutôt que sur le contrôle. Je vais garder ça en tête pour mes futurs choix professionnel.