La diversité du métier de directeur.trice de communication

Ayant vécu 3 mois au sein du service communication d’une Grande École appartenant à un campus, j‘ai pu en découvrir davantage sur les métiers de la communication et notamment celui de directeur.trice de communication puisque c’est celui de ma tutrice. La diversité et la pluridisciplinarité de ce métier m’a beaucoup plu et est bien plus importante que ce que je ne le pensais.
Avant mon stage, je pensais que la part de création avait une place importante au sein de ce métier, mais ces 3 mois d’expérience ont pu me prouver le contraire puisque c’est loin d’être l’aspect premier de ce métier. Son rôle est de gérer la communication de manière globale et non pas seulement la communication visuelle. En effet, c’est elle qui est en charge de l’image de l’école en elle-même et de l’image de l’école au sein du campus. C’est donc elle qui va prendre la plupart des décisions, et donner les directives aux autres services. Ses missions peuvent passer de la gestion des réseaux sociaux, à la confection des plaquettes de l’école, à la gestion de campagnes publicitaires, à l’organisation d’événements ou encore la gestion des statistiques de l’école sur le plan média, et bien d’autres encore. De ce fait, j’ai pu remarquer que les qualités principales et nécessaires au directeur.trice de communication, sont la stratégie, le management et le relationnel.
Pour donner un exemple précis concernant la stratégie, j’ai eu l’opportunité de participer à une réunion sur le bilan du plan média de l’année. En effet, c’est la directrice de communication de l’école qui est en charge de collecter absolument toutes les données et analyses des fréquentations sur le site de l’école, réseaux sociaux et les sites des partenaires afin d’en faire un bilan et d’adopter une nouvelle stratégie pour l’année future selon les résultats obtenus. C’est à ce moment que j’ai réalisé à quel point ce métier est d’une immense richesse puisqu’il s’agit en effet de travailler sur la communication au sens très large du terme.
La deuxième qualité nécessaire à ce métier, selon ce que j’ai pu observer, est le management. En effet, c’est une notion plus qu’importante puisque c’est elle qui va prendre les décisions et diriger une équipe de chargés de communication. Même si au sein de mon stage il y avait vraiment un esprit d’équipe entre la directrice de communication et la chargée de communication, c’est tout de même elle la référente, celle à qui l’on va s’adresser lorsqu’il s’agit de faire des choix ou lorsqu’un autre service fait appel au service communication. Le dernier aspect primordial, que j’ai pu remarquer, est le relationnel. Le côté humain, relation, interaction, semble être plus que présent dans son métier, bien plus que ce que je ne le pensais. En effet, elle est en constant contact avec tous les autres services : le service des relations humaines, le service associatif, le service international, le service relations entreprises, et bien d’autres en ce qui concerne les services internes mais c’est également elle qui va être en quelques sortes le porte-parole de l’école pour communiquer avec les prestataires et toutes les relations externes qu’il peut y avoir en lien avec la communication de l’école. De manière globale, j’ai été agréablement surprise de la diversité et de la richesse humaine de ce métier. 

La gestion des mails dans le monde du travail

Durant cette période de stage, l’un des aspects du monde du travail qui m’a marqué est la communication par mail. Certes, nous étions en confinement et donc en télétravail, par conséquent, échanger avec les membres du service par mail était inévitable. Cependant, j’ai été surprise de la quantité de mails reçu, des délais de réponse obtenus.
Dès le premier jour, en ouvrant ma messagerie, j’avais plus d’une dizaine de mails, dont 95% ne me concernaient pas, et cela s’est poursuivi tout au long des trois mois. Selon moi, la communication par mail peut être une méthode très utile mais à la fois une énorme perte de temps, car ce n’est pas une messagerie instantanée mais la majorité a tendance à utiliser cet outil comme si c’était le cas. 
Je pense que lorsque le destinataire a besoin de réfléchir à sa réponse, a besoin de temps, lorsque la réponse ne peut pas être immédiate ou lorsque l’on veut échanger sur un support précis et donc envoyer des pièces-jointes, communiquer par mail est une bonne solution. 
Mais d’après ce que j’ai pu observer durant ces trois mois, il y a je pense, une mauvaise utilisation et gestion de cet outil. Pour une petite question à laquelle la personne concernée pourrait répondre rapidement au téléphone, la plupart des personnes ont tendance à instinctivement et naturellement se tourner vers les mails. De ce fait, on se retrouve à échanger des dizaines de messages, à ne pas se comprendre car l’écrit n’est pas toujours aussi évident que l’oral, à poser plusieurs fois les mêmes questions, à attendre, à avoir des réponses qui ne sont pas celles auxquelles ont s’attendaient… Tout ça pour une petite question à laquelle on aurait pu avoir une réponse en 2 minutes au téléphone. Mais cette méthode de communication est tellement ancrée dans le monde du travail que l’on a délaissé le fait de se parler de vive voix. Au-delà de nous faire perdre du temps et donc de l’efficacité, ce n’est selon moi, pas le seul problème que posent les mails. À cause d’eux, on en oublie également la déconnexion.
Durant mon stage, que ce soit en commençant le matin ou en démarrant une nouvelle semaine, je regardais toujours les heures auxquelles on m’avait envoyé des mails, et j’ai pu remarquer que beaucoup de personnes ne déconnectent plus, sont tellement submergées par la quantité de travail qu’elles ne s’arrêtent plus. 21h53, 22h47, 00h47, 00h54, 01h08, 02h16 : voici des heures auxquelles j’ai pu recevoir des mails, et même le dimanche. S’ils n’existaient pas, et que l’on fonctionnait seulement par téléphone, personne ne se permettrait d’appeler un collègue à des heures si tardives…Mais avec les mails, on peut se le permettre. Ce système devient alors un cercle vicieux duquel on ne décroche plus et je pense que ce n’est pas une bonne chose pour notre santé mentale, le corps a besoin de décrocher, de couper complètement du travail et de ne pas y penser constamment.
Pour en revenir au fait de recevoir une quantité conséquente de mails et pour donner un exemple précis : lors d’un appel sur Teams, ma tutrice, la directrice du service communication, nous a fait un partage d’écran, et j’ai pu apercevoir sur sa messagerie, plus de 2000 mails non-lus ainsi que 60 brouillons. Ces chiffres m’ont réellement marqué. Comment peut-on travailler avec l’esprit léger et serein lorsque l’on a autant de mails à traiter ? Cette problématique est totalement liée au sujet abordé précédemment puisqu’il participe tout à fait au fait de ne plus réussir à décrocher du travail.
La mauvaise utilisation de cet outil dans le monde du travail est un engrenage, on reçoit une quantité beaucoup trop importante de mails dont un certain pourcentage ne nous concerne pas, on priorise et on en fini par délaisser des mails auxquels on répondra avec des semaines de retard, le stresse nous envahit car c’est une pollution visuelle, on ne décroche plus de sa messagerie car c’est une boucle infinie.